Dimanche 13 avril 2014 - Dimanche des Rameaux et de la Passion Année A

Qui est cet homme ?

Évangile des Rameaux : Matthieu 21,1-11 - Lectures de la messe : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Matthieu 26,14 à 27,66
dimanche 13 avril 2014.
 

Après l’évangile des Rameaux

« Qui est cet homme ? » Apparemment, on ne savait pas très bien. Ceux qui disaient « le fils de David » attendaient de lui qu’il se montre Messie. Mais « le prophète Jésus de Nazareth en Galilée » n’était pas une désignation très glorieuse. La question se pose encore aujourd’hui pour nous. Mes amis, vous qui êtes venus dans cette église, vous avez peut-être des doutes et des questions. Mais Jésus, lui, agit avec décision, en particulier dans le choix d’entrer en ville sur un âne, la monture pacifique du roi d’Israël selon l’oracle du prophète Zacharie. Visiblement il sait qui il est et ce qu’il vient faire. Acclamons-le de bon cœur et laissons la parole de Dieu nous révéler son identité de Fils éternel et Sauveur de toute humanité.

Après la lecture de la Passion

L’évangile était long, n’est-ce pas, et pourtant l’essentiel n’y n’est pas dit. Nous avons entendu ce qui est arrivé : les actes malveillants successifs des hommes qui ont conduit Jésus à ce terrible supplice jusqu’à la mort. Lui-même ne parle que jusqu’à sa déclaration solennelle devant ses accusateurs : « Désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » Ensuite, il garde le silence et nous n’avons aucune indication du texte sur ses sentiments et réactions tandis qu’il subit coups, humiliations et injures. Mais, aidés par l’Apôtre qui a écrit : « En son corps il a tué la haine », nous pouvons lire entre les lignes quel dur combat ce fut en lui pour garder son cœur indemne de toute mauvais sentiment.

Homme comme nous, il n’a pu éviter d’être poussé intérieurement à réagir par la violence à la violence, à répondre à la haine par la haine et, finalement, à succomber au désespoir et à la révolte contre Dieu. Interrogez votre cœur : résister absolument à ces tentations dans ces circonstances, n’est-ce pas un miracle mille fois plus improbable que d’ouvrir la mer en deux ? Pourtant, il l’a fait, exactement comme il nous l’avait commandé : « Ne ripostez pas au méchant, aimez vos ennemis. » C’est ainsi qu’il a remporté la victoire totale sur le mal.

Vous me direz que je lis ce qui n’est pas écrit pour affirmer des choses extraordinaires au sujet de Jésus, et qu’est-ce que cela peut nous faire ? Justement : revenons à la déclaration du Seigneur devant ses accusateurs. Elle est tirée du livre de Daniel où, un peu plus loin, le voyant obtient l’explication suivante : « la royauté, la domination et la puissance de tous les royaumes de la terre sont données au peuple des saints du Très-Haut ». Ainsi, ce qui s’accomplit en Jésus lui-même, le Messie, le vrai roi d’Israël, se réalise pour le peuple des croyants. C’est pourquoi il dit ; « Désormais vous verrez le Fils de l’homme... venir sur les nuées du ciel. »

Qui donc voit Jésus siéger à la droite du Tout-puissant ? Et qui le voit venir sur les nuées du ciel ? En vérité, s’il n’y a pas aujourd’hui des disciples pour vaincre en eux-mêmes, par la puissance de l’Esprit Saint, toute violence en réponse à la violence, tout ressentiment et toute haine, tout désespoir et toute révolte dans l’adversité, c’est que la parole de Jésus ne s’est pas accomplie. Mais s’il se trouve des saints pour le faire, alors c’est que le Fils de l’homme vient maintenant en eux dans sa gloire, et ceux qui les voient le voient siéger à la droite du Père.