Nuit de Pâques 19/20 avril 2014 - La Résurrection du Seigneur - Baptême, confirmation et première communion de dix-huit adultes

L’Amour n’attend pas

Genèse 1,1-2,2 - Psaume 103,1-2.5-6.10.12-14.24.35 - Genèse 22,1-18 - Psaume 15,5.8-10.1b.11 - Exode 14,15-15,1 - Cantique Exode 15,2-6.10.11.17 - Isaïe 54,5-14 - Psaume 29,3-6.12-13 - Isaïe 55,1-11 - Cantique Isaïe 12,2-6 - Baruch 3,9-15.32-4,4 - Psaume 50,12-15.18-19 - Ézéchiel 36,16-28 - Psaume 18,8-11 - Romains 6,3b-11 - Psaume 117,1-4.16-17.22-23 - Matthieu 28,1-10
dimanche 20 avril 2014.
 

Présentation avant chacune des sept premières lectures de la veillée

1. Écoutez comme Dieu a pris le temps de bien faire. Pourtant, quelle ne devait pas être son impatience de voir l’homme, homme et femme, pour qui il préparait le monde.

2. Nous avons entendu que Dieu s’est reposé le septième jour. Étonnant, non ? Dieu s’est-il fatigué à créer ? Que s’est-il passé pour qu’il s’arrête ? Que se passe-t-il quand il demande à Abraham de sacrifier, son fils Isaac, le fils de la promesse : la mort va-t-elle arrêter la vie ?

3. À peine Dieu a-t-il créé son peuple Israël, voici que la mer l’arrête et la mort veut l’engloutir. Pourra-t-il traverser ?

4. Jérusalem est l’épouse que Dieu s’est acquise. Mais l’alliance est arrêtée par l’infidélité comme par une mort : Dieu pourra-t-il la traverser par le pardon ?

5. La Parole sort de la bouche de Dieu, rapide et efficace. Mais si le peuple ne l’écoute pas, il en arrête la course. Comme l’eau trouve toujours son chemin, ainsi la parole de Dieu traversera les refus de son peuple.

6. Dieu a pris tout le temps d’établir son Alliance avec Israël. Ce temps serait-il perdu ? Pourquoi ce peuple laisserait-il sa gloire ?

7. Et voilà que s’annonce un jour qui sera le vrai commencement, un renouveau où la création deviendra enfin elle-même selon le projet du premier jour !

Homélie

L’Amour n’attend pas.

Enfin si, il attend sans jamais se lasser aussi longtemps que nécessaire. Mais pas un instant de plus, tant il brûle de rejoindre l’aimé.

C’est pourquoi Jésus ressuscite à la première lumière qui s’allume dans la nuit. C’est que qu’affirme le début de notre évangile qui s’énonce littéralement : « Le soir du sabbat, quand elle commençait à luire vers le premier des sabbats... » Autrement, dit, dès que le septième jour (samedi) se termine pour faire place au premier (dimanche).

D’abord, Jésus ne veut pas faire attendre les saintes femmes qui l’aiment tant, au point que son supplice et sa mort ne les ont pas découragées de veiller auprès de son corps. Le Père non plus ne voudrait pas voir son Fils rester au tombeau un instant de plus. Et lui même brûle de commencer cette vie nouvelle qu’inaugure la nouvelle naissance de la résurrection.

Aussitôt né, l’enfant doit respirer et s’alimenter. De même, aussitôt après votre baptême, vous serez confirmés et vous recevrez la première communion. De même que vous respirez incessamment, de même votre nouvelle vie de baptisés réclame sans cesse l’Esprit Saint et la prière. De même que vous prenez des repas réguliers, de même, baptisés, vous viendrez régulièrement vous nourrir de l’Eucharistie.

Cette nuit comme chaque jour de votre vie, je vous en conjure, ne faites pas attendre l’Amour qui vous espérait de toute éternité.

Explications

D’abord, le « premier des sabbats » se traduit très normalement par « premier jour de la semaine » parce que c’est comme cela qu’on nommait les jours en Israël en comptant jusqu’à 6, le 7e étant le sabbat tout court. De plus, les jours allaient du soir au soir : le passage d’un jour au suivant était marqué par l’instant où s’allumait la première étoile dans le ciel. Cet usage explique le refrain : « Il y eut un soir, il y eut un matin ». Il prend une importance particulière pour le sabbat : à la première étoile du vendredi, on entre dans le jour sanctifié, à la première étoile du samedi, on en sort et l’on est donc libre des obligations qui lui sont attachées. Voilà pourquoi, dans leur impatience, les femmes vont au tombeau dès que “commence à luire l’étoile qui indique la venue du premier jour de la semaine”. Vous pensez bien qu’elles n’auraient pas attendu une minute de plus que nécessaire, d’autant que cette nuit-là était encore tout éclairée de lune, puisque la Pâque, qui venait d’avoir lieu, était une fête de pleine lune.

En résumé, dès la fin du septième jour, de ce sabbat très spécial et unique où la vie de Dieu a été arrêtée puisque le Christ était au tombeau, il est ressuscité, inaugurant un jour nouveau et éternel, le huitième jour. Dans l’histoire des hommes, c’était un nouveau « premier jour de la semaine », selon un cycle indéfiniment recommencé. Mais par rapport à la création de Dieu, ce premier jour renouait avec le premier des premiers, lorsque Dieu dit « Que la lumière soit, et la lumière fut ». En ce temps-là, Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Mais, ce soir, la lumière a définitivement vaincu les ténèbres. Voilà la fin de la longue patience de Dieu qui préparait ce jour depuis le commencement.

Nous sommes encore dans le temps où la victoire est acquise, mais où la bonne nouvelle doit s’en répandre et faire son effet de salut jusqu’aux extrémités du monde. La petite flamme de Pâques, cueillie de la bouche de l’ange par les femmes au tombeau vide, n’a pas encore embrasé toute la terre. En attendant, les trois moments de l’histoire se prolongent ensemble : la création continue dans le suspense du 7e jour où Dieu s’est arrêté et comme absenté dans la mort du Fils déposé au tombeau ; le combat continue de la passion du Seigneur dans le corps souffrant de ses fidèles témoins et de tout innocent persécuté au monde ; et la victoire grandit, celle du Christ sorti vivant du tombeau pour entraîner à sa suite toute chair mortelle.