27 avril 2014 - Deuxième dimanche de Pâques

Un trou dans son CV !

Actes 2,42-47 - Psaume 117,1.4.13-14.19.21-25 - 1 Pierre 1,3-9 - Jean 20,19-31
dimanche 27 avril 2014.
 

Un trou dans son curriculum vitae paraît irrémédiable. Ou bien vous le laissez visible et il saute aux yeux de tout lecteur attentif, ou bien vous tentez de le cacher et c’est pire quand vous êtes découvert. Pourtant il existe des solutions. Voici quatre exemples.

Thomas, d’abord : le trou dans son CV n’est long que de quelques jours mais sa profondeur est terrible. Où était-il donc quand les disciples se trouvaient réunis dans la chambre haute au soir de Pâques ? Nul ne le sait sous le soleil. Pourtant cette absence, comme une sortie de route, aurait dû le retrancher définitivement du groupe des Douze dont il était membre, pour un sort funeste semblable à celui de Judas. Or, Jésus revient le dimanche suivant, exprès pour lui apparemment.

Jésus lui-même, d’ailleurs, qui montre ses plaies à Thomas - le trou dans son côté et ceux des clous dans ses mains et dans ses pieds -, où était-il donc au jour du grand silence qui suivit sa passion ? Ce trou dans son parcours de vie n’est que de quelques heures, mais sa profondeur défie l’imagination puisqu’il est descendu « aux enfers », aux profondeur de la terre jusqu’au séjour des morts. Or, Dieu l’a ressuscité, et il l’a établi dans sa gloire.

Et le peuple de la première Alliance, celui pour qui était venu Jésus, ne s’est-il pas retranché en rejetant le Messie ? Son incrédulité est pire que la mort, un gouffre d’où il semble impossible de jamais revenir. Pourtant, le Christ est mort pour le pardon de ses péchés et il lui garde sa place comme il a gardé celle de Thomas jusqu’au huitième jour, pour son retour.

Telle est la miséricorde divine que nous fêtons aujourd’hui. Puisque le Fils de Dieu est allé jusqu’à donner sa vie pour les pécheurs, rien ne pourra nous séparer de l’amour qui s’est manifesté dans le Christ Jésus : aucun abîme d’éloignement ne sera désormais infranchissable pour qui ne refusera pas son salut.

Et le quatrième exemple, direz-vous ? J’ose à peine le formuler, c’est l’Église. Depuis sa naissance du côté du Christ en croix, elle a multiplié les chutes et les fuites. À bien des périodes de son histoire, les péchés de ses fils ont obscurci la lumière de Pâques. Et la conséquence funeste de leur infidélité fut bien souvent, en bien des lieux, son déclin, voire sa disparition. Les trous dans le CV de l’Église sont immenses et innombrables, vertigineux. Mais plus étonnante encore est la constance du Seigneur dans le don de l’Esprit qui redonne vie.

Ainsi, plus nombreuses et plus grandes que les taches sur le vêtement blanc des disciples sont les œuvres de réforme, de conversion et de restauration que le Seigneur a donné d’accomplir à son Église, notamment sous la houlette des deux papes dont nous fêtons la canonisation aujourd’hui : Jean XXIII et Jean-Paul II.

Dès lors, frères, que personne ne perde courage à cause des trous dans sa vie, en particulier dans sa vie de foi, si graves, profonds ou vertigineux soient-ils. Que chacun se souvienne de Thomas que le Seigneur a sauvé de l’incroyance pour rendre l’espérance à tous les incrédules. Car il est mort et ressuscité pour que rien ne puisse nous empêcher de trouver en lui le chemin d’une vie nouvelle et éternelle.