18 mai 2014 - Cinquième dimanche de Pâques

Je veux être pareil !

Actes 6,1-7 - Psaume 32,1-5.18-19 - 1 Pierre 2,4-9 - Jean 14,1-12
dimanche 18 mai 2014.
 

« Je veux faire pareil ! » : tous les enfants le disent. Avant même de pouvoir le penser, ils l’ont pratiqué : l’imitation est naturelle et indispensable pour le développement de l’être humain depuis sa naissance. Si le petit d’homme se met à parler, c’est d’abord pour essayer de répéter ce que lui disent ses parents, cherchant à « être à leur image » en cela comme en tout. Mais bientôt les modèles se diversifient, n’en déplaise à papa ou maman.

Jésus a certainement imité Marie, sa mère, et Joseph, son père sur la terre : il a parlé et s’est comporté comme eux. D’ailleurs, l’évangile témoigne que les gens de son village l’appelaient « le fils du charpentier » ou même « le charpentier » tout simplement. À l’évidence, il n’a rien fait d’extraordinaire aux yeux de ses contemporains jusqu’à son entrée dans la vie publique. Jésus, Marie et Joseph étaient des gens ordinaires pour leurs familiers.

Pourtant, Jésus était saint. « Le Saint de Dieu », précisément, le Fils coéternel au Père et sa « parfaite image ». Dans son existence terrestre, cela se manifestait par sa charité et son humilité sans pareilles, sinon chez sa sainte mère et aussi sans doute chez saint Joseph. Mais cela n’impressionnait pas grand monde apparemment, tant notre pauvre humanité est fascinée par tout ce qui brille et reste souvent aveugle à l’essentiel.

Avant de faire quoi que ce soit de remarquable, Jésus était « parfait comme le Père est parfait », et les œuvres de puissance qui lui ont été données à accomplir, paroles de révélation et gestes de salut, n’ont rien ajouté à sa gloire de Fils. Mais elles nous ont été utiles à nous, les hommes. Et les disciples sont invités à entrer par la grâce du baptême dans la filialité que Jésus a ainsi vécue. D’ailleurs, « ils accompliront même des œuvres plus grandes » que celles de Jésus, puisque le Fils sera retourné auprès du Père.

Ne soyons plus troublés, ni par nos peurs ni par nos désirs, parce que le Seigneur s’en va. Ne cherchons pas à nous élever par des actions éclatantes : si Dieu le veut et si c’est nécessaire, il nous les fera accomplir à notre prière au nom de Jésus, et nous n’aurons pas à nous en attribuer la gloire. Que notre seule préoccupation soit d’être avec le Seigneur. Or, il y a « beaucoup de places » dans la maison du Père, à la table du banquet nuptial de son Fils. Il nous fera entrer par miséricorde.

Ne cherchons pas tant à faire qu’à être : à être saints, bien sûr, c’est-à-dire semblables au Fils qui demeure dans le Père. Pour cela, par la grâce de notre baptême, il nous suffit de le demander inlassablement dans la prière et de consentir les efforts nécessaires, comptant toujours sur le pardon qui nous relève dans la résurrection de Jésus.

Notre salut est l’œuvre de Dieu à laquelle nous avons seulement à consentir par la foi et l’amour, ce qui ne va pas sans la coopération de notre volonté.

Disons simplement de tout notre cœur : je veux être pareil au Père, saint comme il est saint, par la grâce du Fils en qui nous devenons ses enfants.