1er juin 2014 - Septième dimanche de Pâques Année A

Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise

Actes 1,12-14 - Psaume 26,1.4.7-8 - 1 Pierre 4,13-16 - Jean 17,1b-11a
dimanche 1er juin 2014.
 

Cette affirmation peut s’entendre de façon plus ou moins profonde, depuis le simple slogan d’un chef de parti en situation difficile jusqu’à l’énoncé dogmatique le plus décisif, en passant par une vérité à laquelle il n’est pas prêté assez d’attention.

Cette vérité, c’est que la considération de notre humanité commune devrait toujours l’emporter sur tous nos motifs de nous haïr les uns les autres. Aimer son prochain comme soi-même veut dire d’abord simplement cela : nous sommes de la même chair, comme les enfants d’une même mère, nous sommes des « semblables ». La preuve, c’est que le Christ a donné sa vie pour tous ses frères humains et qu’il est monté aux cieux pour envoyer l’Esprit Saint sur toute chair au monde.

Voyez les protestants, par exemple, nos « frères séparés ». Dans le 14e, nous nous voyons fréquemment, les curés et les pasteurs locaux. La cordialité était grande et la bienveillance totale tant que nous en sommes restés à la découverte mutuelle de nos différences. Mais nous avons franchi un seuil lorsque nous avons entrepris de nous écouter sur l’essentiel, chacun à son tour témoignant devant les autres de l’appel de Dieu dans sa propre vie. Alors nous avons commencé à découvrir que nous étions bien plus semblables que nous ne le pensions.

Aujourd’hui, dans l’Évangile, le Seigneur nous livre une des rares formules synthétiques qui peuvent constituer comme un credo élémentaire, un symbole de la foi en quelques mots. Vous savez que « symbole », en grec, indique ce qui rassemble, tandis que « diabolos » signifie le diviseur. Aujourd’hui, donc, Jésus rend ce témoignage devant son Père, au sujet de ses Apôtres : « Ils ont cru que c’était toi qui m’avais envoyé. »

Si vous croyez que Jésus est l’envoyé du Père, vous reconnaissez le Père et le Fils, et leur communion dans l’Esprit Saint. C’est la confession Trinitaire qui définit comme chrétien le baptisé dans cette foi. N’oublions jamais que ce baptême-là qui nous rassemble dans l’amour du Christ est plus grand que toutes nos divisions et plus fort que l’ennemi qui veut nous séparer. Activons donc notre solidarité avec tous les chrétiens du monde, notamment ceux qui sont persécutés parfois jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.

Et tenons fermement que cette solidarité ne nous éloigne pas des autres hommes, croyants de religions différentes ou même professant leur incroyance, puisque l’envoi du Christ Jésus par le Père se comprend précisément comme l’incarnation du Verbe éternel afin de donner à tout homme venant en ce monde le pouvoir de devenir enfant de Dieu.

Cette vocation proprement divine nous rassemble déjà tous dans l’intention et l’amour du Christ. Elle nous rassemblera dans la ressemblance parfaite le jour de sa venue dans la gloire, quand le diviseur sera définitivement vaincu pour la joie éternelle des fils de Dieu. Car celui qui nous rassemble est le plus fort, à la gloire de Dieu le Père.