Dimanche 8 juin 2014 - Pentecôte Année A

Langue maternelle, en sept mots

Actes 2,1-11 - Psaume 103,1.24.29-31.34 - 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13 - Jean 20,19-23
dimanche 8 juin 2014.
 

« - Je veux que tu vives !
-  D’accord ! »

Ce dialogue du petit qui voit le jour avec celle en qui il a pris chair fonde une langue unique, parce que propre à ceux qu’elle lie dans ce pacte initial, autant qu’universelle, puisqu’elle procède d’une forme commune à toute humanité.

Comme la mère pose le sceau de son acceptation d’amour sur l’enfant qu’elle reçoit après l’avoir porté, ainsi dans le récit de la Pentecôte le feu qui se pose sur chacun des disciples est une langue qui se partage. Et les auditeurs diront bientôt qu’ils entendent les Apôtres annoncer les merveilles de Dieu dans leur langue maternelle.

Dieu lui-même n’est-il pas comme un feu qui se partage, le Père engendrant le Verbe et « spirant » l’Esprit Saint ? De l’unique peut procéder l’unique : du Père, Source unique, procèdent le Fils unique et l’unique Esprit Saint qui se pose sur chaque croyant, comme s’il était le seul, pour un baiser qui l’unit à tous les autres. Ainsi nous formons un seul corps, comme le pain unique consacré sur l’autel se donne tout entier à chacun pour que tous soient un.

Qu’est-ce que le pardon, confié par le Ressuscité aux disciples le soir de Pâques, sinon la confirmation de la promesse de vie des origines, malgré le péché qui nous conduisait à la mort ? Ainsi se réactive le dialogue initial de chacun de nous avec le Père, la langue maternelle en sept mots qui scelle son amour irrévocable et l’appel inlassable à nous laisser réconcilier avec lui.

Les mourants, paraît-il, appellent leur mère. Ainsi, au seuil du grand saut, chacun se souvient de la promesse de vie reçue à sa naissance et se demande si elle tiendra au-delà. Heureux celui qui n’attendra pas la dernière agonie pour entendre la bonne nouvelle de l’amour du Christ vainqueur de la mort.

Seul celui à qui la Parole parle au cœur peut s’enflammer de foi. Seul celui qui brûle peut transmettre la flamme. Aujourd’hui comme hier, tout le problème de l’évangélisation est de parler le langage qui atteindra les hommes de ce temps, chacun selon son histoire et la forme de son cœur.

Seuls les disciples touchés chacun par le feu de l’Esprit pourront donner à entendre les merveilles de Dieu à chacun dans sa langue maternelle.