Dimanche 15 juin 2014 - La Sainte Trinité Année A

Qui es-tu, toi ?

Exode 34,4b-6.8-9 - Cantique Daniel 3,52-56 - 2 Corinthiens 13,11-13 - Jean 3,16-18
Sonntag 15. Juni 2014.
 

Le fils de ton père, sans doute. En effet, l’identité se définit par la filiation : chacun de nous est fils ou fille de... et de... Notre nom de famille nous est transmis par nos parents et notre prénom est celui qu’ils nous ont donné.

Pour les animaux, ce principe se réduit à sa plus simple expression, chaque individu portant le nom de l’espèce. Ainsi, dans l’histoire de la grenouille à grande bouche, chacun répond sobrement à sa question : je suis la vache, l’écureuil etc. Aussitôt après, la grenouille demande : « Et qu’est-ce que tu manges, toi ? » Et la réponse complète la « fiche d’identité » : la vache mange de l’herbe, l’écureuil des noisettes. Chez les humains, on s’enquiert plutôt de votre occupation habituelle dans la vie, de votre profession. Mais c’est un peu pareil, puisqu’on travaille pour manger.

Dieu travaille, lui aussi, mais ce n’est pas pour manger : il n’en a pas besoin, il ne peut pas mourir. Il est éternel, c’est pourquoi quand Moïse lui pose la question : « Qui es-tu ? », il répond « Je suis ». Et même, il précise : « Je suis JE SUIS ». Il est Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob : les générations passent, lui demeure.

Pour nous, l’identité comporte la date et le lieu de naissance. Puis, un jour, la date et le lieu de la mort. Entre les deux, chacun peut dire un peu « je suis », mais avant ? Avant, il n’y avait que les parents et les aïeux. Et après ? Après, il n’y a que les descendants, et encore faut-il en avoir. De plus, chacun ne se trouve à chaque instant que dans un lieu, quelque désir qu’il ait d’ubiquité, tandis que Dieu est toujours absolument et partout où il veut.

Certains disent : Dieu, que c’est compliqué ! Moi je dis, au contraire, que c’est Dieu qui est normal et pas nous. Est-ce normal de devoir mourir ? Ou d’être séparé de ceux qu’on aime ? Dieu, lui, est vivant et il le demeure. Il est amour entre le Père et le Fils dans la communion de l’Esprit Saint, unis pour toujours. N’est-ce pas cela qui est normal ? Le problème n’est-il pas plutôt l’homme, mortel et faillible, aspirant à l’amour mais en éprouvant sans cesse l’échec, à cause du péché. L’homme est le problème, et Dieu, la solution !

Car le voilà, le travail de Dieu : c’est de nous sauver de cette situation anormale. Ce travail est allé jusqu’à la passion du Fils et sa mort sur la croix. Mais c’est un succès, ce qu’attestent et accomplissent sa résurrection, son ascension et l’envoi de l’Esprit pour la mission. Voilà notre foi, la foi de l’Église, et cette foi nous sauve, selon la volonté d’amour de Dieu.

C’est pourquoi l’Église répond à la question lancinante de l’humanité souffrante. Elle annonce en vérité qui est Dieu : l’Amour éternel et vainqueur du Père Créateur de l’univers qui donne le Fils et l’Esprit afin de se faire lui-même l’avenir de l’homme.