Dimanche 27 juillet 2014 - 17e Dimanche Année A

- Quoi de neuf ? - Tout est vieux !

1 Rois 3,5.7-12 - Psaume 118,57.72.76-77.127-130 - Romains 8,28-30 - Matthieu 13,44-52
dimanche 27 juillet 2014.
 

Cette réplique humoristique à une question convenue contient une part de sagesse. En effet, comme dit Qohélet, il n’y a rien de nouveau sous le ciel. Par ailleurs, l’Apôtre relève « l’inévitable dégradation de tout », l’usure du temps qui n’épargne rien ni personne.

Pourtant, le phénomène de la vie inverse d’abord le mouvement en introduisant la croissance, le développement et la maturation. Un grand cru mérite des années de vieillissement pour révéler son excellence. À l’inverse, un « vin nouveau » médiocre deviendra pire au bout de quelques mois. Sans hésiter, l’amateur préféra alors le vieux au jeune.

Comment comprendre, alors, la conclusion de notre évangile, que signifie, pour « le scribe devenu disciple du Royaume des cieux », de tirer de son trésor du neuf et de l’ancien ? Le contexte, avec la parabole du filet et l’évocation du jugement dernier, évoque une problématique de tri entre ce qui est bon et ce qui ne vaut rien. Or, s’agissant d’un scribe, le sujet doit être l’Écriture, d’où rien ne saurait être rejeté puisqu’elle est tout entière parole de Dieu.

L’exemple de la manne nous offre une piste d’interprétation. Elle tombait chaque jour comme le pain quotidien qui ne pouvait se garder pour le lendemain, faute de quoi elle se corrompait et devenait impropre à la consommation. De même, dans l’Ancien Testament se trouvent des paroles qui demeurent toujours nouvelles, telles « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », et d’autres qui réclament le filtre de l’accomplissement dans l’événement Jésus Christ, comme celles où Dieu commande l’extermination des ennemis. C’est seulement lorsqu’on les passe à la lumière du Royaume des cieux réalisé en la personne du Fils de Dieu mort pour nous sauver qu’elles sont transformées et ainsi rendues « nouvelles ».

La Parole tout entière est une manne qu’il nous faut « mâcher » comme le corps du Christ lui-même, afin d’en être nourris et rendus forts pour accomplir l’œuvre du Dieu vivant. Capables ou non d’exégèse savante, les saints sont en leur vie même la juste interprétation de l’Écriture qui s’accomplit en sorte que l’Esprit peut dire : « Voici que je fais toute chose nouvelle ». Jusqu’au jour dernier où l’Église pourra proclamer à la gloire du Père : « tout est neuf, car tout est saint en Dieu qui s’est fait tout en tous ».