Dimanche 5 octobre 2014 - 27e Dimanche Année A - Messe des familles

Envie de changer d’enfants ? De changer de parents ?

Isaïe 5,1-7 - Psaume 79,9-10.13-16a.19-20 - Philippiens 4,6-9 - Matthieu 21,33-43
dimanche 5 octobre 2014.
 

Avez-vous déjà eu envie, les enfants, de changer de parents ?

C’est impossible, bien sûr ! Et pour les parents, changer d’enfant, est-ce envisageable ? Non, sans doute. Mais que leur enfant change, cela ils peuvent le désirer.

Et Dieu, alors, vous croyez qu’il pourrait abandonner ses enfants pour en prendre d’autres ? Non, sûrement pas ! Alors, pourquoi la parabole d’aujourd’hui a-t-elle l’air de dire le contraire ? En effet, Jésus déclare à la fin : « Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit ».

Mais vous avez compris que la vigne de la parabole, c’est « la maison d’Israël », comme vous l’avez entendu dans la première lecture. Et le propriétaire ne dit pas qu’il va changer de vigne, mais de vignerons. Autrement dit, ce sont les chefs du peuple qui sont visés. D’ailleurs, le mot grec « ethnos » traduit ici par « peuple » peut se rendre par « groupe » ou « catégorie de personnes ».

Bien plus. Qui donc est « la Vigne » qui devient « le Royaume », sinon Jésus lui-même, le Fils de Dieu fait homme ? Il le dit en Jean : « Je suis la Vigne et vous êtes les sarments ». Il n’est pas la Vigne « à la place » d’Israël, lui qui est né juif d’une mère juive, mais c’est en lui qu’Israël fut et reste la vigne, cette vigne qui s’est ouverte aux païens quand, par l’événement de la Pâque du Fils, l’Alliance s’est offerte à toutes les nations.

Isaïe a bien prophétisé quand il a mis dans la bouche de Dieu ces paroles : « Je vais enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux ; ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée ». Mais s’il a ainsi supporté les malheurs de son peuple Israël, ce n’est pas autrement qu’il a « voulu » ceux de son Fils Jésus mis en croix : comme un sacrifice librement consenti pour le salut de tous.

Gardons-nous donc de nous tromper, en écoutant cette parabole, sur les volontés et les décrets de Dieu. Si nous sommes portés à y voir un Père qui décide de changer d’enfants, abandonnant les Juifs pour adopter les chrétiens, nous laissons simplement parler nos mauvais penchants à la haine et à la jalousie, et ainsi la Parole nous démasque.

Si nous comprenons bien le jugement qu’elle porte sur les chefs qui ne veulent pas rendre le fruit et préfère « garder l’héritage pour eux-mêmes », prenons-le pour nous-mêmes : chaque fois que nous nous servons des dons de Dieu égoïstement au lieu de les servir aux autres comme nous devrions, nous encourrons cette réprimande sévère.

Dieu ne veut pas changer d’enfants. Mais nous, parfois, nous prenons pour père le Mauvais à la place de notre Créateur et Sauveur. Que le Seigneur nous en garde et qu’il nous fasse changer, qu’il nous convertisse et nous ramène au droit chemin du salut, unis dans la sainte Vigne du Père et tout dévoués à son service.