Dimanche 11 janvier 2015 - Baptême du Seigneur Année B - Fête des baptisés, baptême d’un petit enfant : Théodore

Ai-je bien fait ?

Isaïe 55,1-11 - Cantique Isaïe 12,2-6 - 1 Jean 5,1-9 - Marc 1,7-11
dimanche 11 janvier 2015.
 

"Ai-je bien fait ?" : le tout-petit, déjà, ne cesse de lever les yeux vers sa maman pour quêter son approbation : « Oui, tu fais bien de vivre ! » Plus tard, l’enfant apprend les chemins du bien et du mal à partir de la sanction parentale, avide qu’il est de la faveur de ceux qui le nourrissent et l’éduquent. Bientôt viennent les jours de la socialisation où le maître ou la maîtresse, les camarades de classe et d’autres références s’ajoutent à celles dont le jeune en croissance attend l’évaluation de son comportement, repère nécessaire à son orientation morale.

Jésus n’a pas échappé à cette règle de conduite de notre humanité. Mais lui, plus qu’aucun autre, a porté par-dessus tout le regard sur la référence suprême et absolue : le Père qui est aux cieux. Mieux que quiconque, il a su reconnaître dans les autorités de ce monde ce qui devait être reçu comme venant d’En-haut, et ce qui devait être dépassé ou même rejeté parce qu’infidèle à la source de toute justice et vérité.

Bien sûr, lui-même n’a jamais cédé aux suggestions du Mauvais. Mais il a été tenté, nous le savons. Il n’a pas attendu pour cela son baptême par Jean et l’épreuve au désert qui le suivit immédiatement. Il n’a donc cessé de chercher en toute chose la volonté du Père - jusqu’aux larmes et à la sueur de sang à la veille de sa Passion - et la confirmation de la rectitude de ses choix après coup. En particulier, ce fut le cas en chaque décision « cruciale », comme celle qu’il prend aujourd’hui le recevoir le baptême de Jean et d’entrer ainsi dans sa vie publique.

C’est pourquoi, après avoir penché la tête sous les mains du Baptiste, allant jusqu’au bout de son abaissement, de la « kénose », il lève le regard vers le ciel, le voit se déchirer et entend la parole : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve tout bien. » Tel est, en effet, le sens littéral de ce qui était rendu par : « En toi j’ai mis tout mon amour », et que la nouvelle traduction liturgique formule maintenant : « En toi, je trouve ma joie ». Et, bien sûr, cette approbation retentit plus encore pour notre édification que pour la sienne.

Nous-mêmes ne sommes pas sans péché. Souvent, à la question « Ai-je bien fait ? », la réponse céleste ne sera pas simplement un oui sans réserve. Mais si nous acceptons humblement la leçon divine, si nous reconnaissons nos fautes et acceptons notre amendement, dans le moment même où nous sommes corrigés, nous sommes aussi pardonnés et sanctifiés, remis sur le droit chemin sous le regard aimant de Dieu. Et, nous qui avons été baptisés dans la mort et la résurrection du Seigneur, nous pouvons entendre, à chaque fois que nous l’interrogeons, le Père nous répondre aussi : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi je trouve le bien. » Oui, le Père trouve bon que nous vivions et, s’il nous appelle à la conversion, c’est pour que nous ayons la vie en abondance par une connaissance toujours plus profonde de son amour et de sa grâce.

Si nous sommes baptisés, c’est pour vivre en enfants de Dieu dans le Fils, ce qui implique la prière constante. « Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche ! » : cette exhortation d’Isaïe doit nous rappeler en toute circonstance au dialogue confiant avec le Dieu et Père de Jésus Christ, notre Seigneur. Et l’attitude de Jésus à son baptême est notre vocation sainte de fils et filles de l’Église. Soyons fidèles et demandons fréquemment à Dieu et à nos frères : « Ai-je bien fait ? » Ainsi nous nous aiderons mutuellement à manifester dans notre existence que Jésus est le Fils de Dieu, comme nous allons le proclamer maintenant en acquiesçant à la foi catholique.

Alors nous pourrons rendre grâce de tout cœur dans la vérité du Christ en proclamant que, vraiment, Dieu a tout bien fait.