Dimanche 29 mars 2015 - Dimanche des Rameaux et de la Passion Année B

Crash : j’accuse !

Les Rameaux : Jean 12,12-16 - La Passion : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Marc 14,1 à 15,47
dimanche 29 mars 2015.
 

J’accuse !

Chaque fois qu’arrive un malheur les accusations pleuvent. Par exemple, pour le crash de l’A320, malgré la difficulté en l’occurrence de trouver de « bons » coupables, c’est-à-dire de ceux que nous avons satisfaction à poursuivre. Et dire que dans quelques semaines tout cela sera oublié et recouvert par d’autres actualités peut-être pires encore !

Tandis que pour la mort de Jésus, l’affaire n’est toujours pas close : les passionnés n’ont pas fini de s’interroger sur les responsabilités, et les procureurs amateurs de dénoncer les coupables. Il faut dire que, quand on y pense, c’était quand même la pire catastrophe de l’Histoire : le propre Fils de Dieu rejeté et tué par les hommes ! À vues humaines, il aurait dû en résulter une malédiction générale épouvantable. Or, bien au contraire, cette mort est la source du salut pour toute la Création.

Voyez le récit de la passion que nous venons d’entendre : aucune accusation n’est proférée contre personne, sinon contre Jésus lui-même, alors qu’il est innocent et que ce ne sont que faux-témoignages. Il y a aussi cette parole sidérante du Seigneur : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Elle résonne à nos oreilles comme une accusation du Père ! Ainsi, Dieu supporte d’être accusé, il se retourne même contre lui-même pour s’accuser - lui qui est innocent ! - afin de mieux nous exonérer de toute accusation.

Il n’est pas question ici de minimiser la gravité du mal. Jésus dit même de Judas : « Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Mes amis, cette parole ne porte pas seulement sur l’Apôtre qui fut le traître, mais sur chacun de nous. Lorsque nous mesurons un peu l’horreur de nos actes qui portent atteinte à nos semblables, nous comprenons ce que veut dire : « Je préfèrerais ne pas être né » ! Mais si cette conscience nous est donnée, ce n’est pas pour nous désespérer mais, au contraire, pour nous faire mesurer un peu la profondeur de l’amour de Dieu qui nous pardonne et nous rend la vie.

Si nous croyons vraiment que le Père a donné son Fils, et que le Fils s’est donné pour nous, nous ne pouvons plus, comme les autres hommes, nous livrer au jeu de l’autojustification et de l’accusation d’autrui qui sont sans issue et nous enfoncent dans le péché. Nous devons entrer de grand cœur dans l’économie de la miséricorde, de l’indulgence et du pardon entre nous et à l’égard de tous les hommes, en action de grâce pour le sacrifice du Christ.

Alors, « l’Accusateur de nos frères » - qui est un autre nom du diable - est vaincu non seulement par Jésus sur la croix, mais en chacun de nous. Et nous recevons la vie dans l’amour, pour les siècles des siècles.