Dimanche 5 avril 2015 - Jour de Pâques - La Résurrection du Seigneur

La place est libre ! Si le coeur vous en dit...

Actes 10,34a.37-43 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Corinthiens 5,6-8 - Jean 20,1-9
dimanche 5 avril 2015.
 

La porte est ouverte, le tombeau est vide, la place est libre : si le cœur vous en dit...

Pourquoi, en effet, a-t-on roulé la pierre ? Pour laisser sortir Jésus ? Mais nous savons bien que, ressuscité, il se joue des murs et de l’espace. Il n’avait donc besoin d’aucune aide, de nulle permission, pour surgir vainqueur de la tombe.

Mais alors, pour qui le chemin est-il ouvert, sinon pour les visiteurs, à commencer par Marie-Madeleine, Pierre et le disciple aimé ? Ce dernier aperçoit les linges posés à plat - signe que le corps n’a pas été dérobé, car les voleurs n’auraient pas pris la peine de déballer un cadavre de ses linges - et le suaire roulé à sa place. De quoi ce « voile qui avait couvert la face » est-il le signe, sinon de l’Écriture ? Et c’est pourquoi l’évangéliste conclut : « Jusque là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Voilà le chemin pour nous aussi, frères : entrer dans le tombeau vide de Jésus ressuscité afin d’en ressortir envoyés par lui annoncer la nouvelle. Et qu’est-ce qu’entrer dans le tombeau pour nous sinon recevoir le baptême qui nous unit à sa mort afin que sa vie aussi se manifeste en nous ? Or, chers amis, l’autel est le tombeau de Jésus, selon une antique tradition. L’église elle-même est ce lieu où nous entrons pour découvrir les Écritures comme témoignage rendu au Christ, à sa Passion et à sa Résurrection. C’est bien ce qui se réalise pour nous en ces jours où nous célébrons le Mystère pascal du Seigneur.

Frères et sœurs néophytes, vous avez reçu cette nuit le baptême, la confirmation et l’Eucharistie dans la foi de l’Église pour être institués et rendus forts en vue de la mission comme nous, je vous l’ai dit avant de vous le faire. Maintenant, donc, qu’aucune peur ne nous retienne de répondre à notre vocation sainte. En effet, Jésus s’est effacé du monde pour nous laisser la place : une place libérée du mal par son sacrifice une fois pour toutes.

La place est libre : ayons le cœur et la foi de la recevoir comme une grâce et de la tenir comme un devoir sacré, devoir d’amour et de charité envers tous les hommes que Dieu a aimés jusqu’à leur donner son Fils.