Dimanche 19 avril 2015 - Troisième dimanche de Pâques B - Samedi 18 avril 18h30, messe des familles

Jésus ressuscité en 4D

Actes 3,13-15.17-19 - Psaume 4,2.7.9 - 1 Jean 2,1-5a- Luc 24,35-48
samedi 18 avril 2015.
 

Me reconnaissez- vous ?

Évidemment, le vêtement, les circonstances, la fonction, tout cela aide grandement à la reconnaissance. Si vous me croisiez sur la plage en train de jouer avec mes petits-neveux en maillot de bain, vous auriez sans doute plus de mal à « me remettre », comme on dit justement. Et puis, de face, c’est facile ; de profil, un peu moins ; et de dos, cela devient nettement plus incertain. Parce que j’existe en trois dimensions, alors que notre vue n’est qu’en deux, comme une photo qui s’étale sur un papier plat.

Or, Jésus ressuscité n’est plus seulement en trois, il est en quatre dimensions : les trois de notre extension physique, plus celle du temps. Pour nous, nous n’expérimentons le temps que d’instant en instant. Mais Jésus est ressuscité avec toute sa vie, depuis sa conception jusqu’à la mort. Il n’est pas un cadavre réanimé, ramené au moment de sa mort, ou juste avant, de manière à reprendre le cours interrompu de sa vie. Il est entré tout entier, physiquement, dans l’éternité.

Ainsi, pour apparaître à ses Apôtres, il se projette dans l’instant qu’ils vivent. Et cette projection d’un être en quatre dimensions dans un espace à trois seulement est comme la réduction d’un objet quand il est « pris en photo ». L’aspect qu’il présente dépend alors de « l’angle de vue », comme : de face, de profil ou de dos ; ou même, pourquoi pas, d’en-haut. Il ne doit pas être facile de reconnaître quelqu’un dont on ne voit que le sommet du crâne !

Enfin, bien sûr, Jésus ressuscité n’est plus soumis aux lois de notre monde physique : il est où il veut, quand il veut et comme il veut. Et il peut, s’il le veut, manger du poisson grillé ou autre chose, bien qu’il n’en ait plus aucun besoin. Nous comprenons que, s’il n’est pas bien reconnu quand il se manifeste ressuscité, c’est aussi pour éviter qu’on ne le prenne pour un cadavre revivifié, alors que son corps glorieux n’est plus limité comme auparavant. À ses Apôtres, il se donne à reconnaître par des signes, afin que nous aussi nous le reconnaissions aux même signes : la Parole adressée et expliquée, le rappel de sa passion et de sa croix par amour pour nous afin de nous sauver, le pain rompu pour nous donner sa vie. Donc particulièrement tout ce qui se passe à la messe.

Quand nous entendons la parole de Dieu et que nous la comprenons, c’est parce que Jésus est ressuscité, et qu’il est là. Si le prêtre, uni à l’assemblée entière, peut, avec du pain et du vin, accomplir l’Eucharistie en sorte que nous communions au corps et au sang du Christ, c’est parce que Jésus est mort et ressuscité pour nous sauver. Et qu’il est là. La joie que nous ressentons à la messe, en priant et en chantant ensemble, c’est la joie de sa présence, aujourd’hui comme au premier temps des Apôtres. Parce qu’il est ici.

Il n’y a pas qu’à la messe que Jésus se manifeste présent dans nos existences. S’il faut d’abord le reconnaître dans le prêtre, dans les proclamateurs de la Parole, les ministres de la communion, les parents qui apprennent leurs prières aux enfants, les catéchistes et les autres fidèles qui agissent en son nom pour nous dispenser ses bienfaits, il convient tout autant de l’apercevoir en toute personne qui fait véritablement du bien autour d’elle, accomplissant ainsi la charité de Dieu en acte.

Le Seigneur est présent, avec nous jusqu’à la fin du monde : le reconnaissez- vous ?