Dimanche 26 avril 2015 - Quatrième dimanche de Pâques B

Avez-vous des frères de lait ?

Actes 4,8-12 - Psaume 117,1.4.8-9.22-23.28-29 - 1 Jean 3,1-2- Jean 10,11-18
dimanche 26 avril 2015.
 

Sans doute, pour la plupart d’entre vous, vous pensez que non. Quant aux autres, s’il en est, c’est probablement qu’ils ne comprennent pas la question. Expliquons donc. Jadis, les familles princières, ou simplement aisées, mettaient les nouveau-nés « en nourrice ». Cette femme partageait son lait entre le bébé qui lui était né, et avait ainsi déclenché la lactation, et celui qui lui était confié. Les deux enfants, dès lors, devenaient « frères de lait ».

Aujourd’hui, cela ne se fait plus guère : on pratique plutôt la garde maternelle et le lait maternisé. En revanche, avec les mères porteuses, les bébés-éprouvettes et les familles plusieurs fois recomposées, la notion classique de demi-frère ou demi-sœur ne suffit plus. D’autant que l’idée d’être « demi » ne plaît pas à tout le monde. On a donc inventé le terme de quasi-frère, ou quasi-sœur. Il se trouve encore des frères d’armes, des frères de sang et quelques autres espèces de presque frères.

Eh bien, chers amis, moi je dis que nous sommes d’abord frères de lait. En effet, et puisque nous nous appelons frères les uns les autres, d’où vient notre fraternité, sinon d’avoir été nourris au lait de la même Parole ? Au même lait de la parole de Dieu qui donne la foi à celui qui l’accueille ? Et le lait, c’est le Christ lui-même, puisqu’il est la Parole, le Verbe éternel de Dieu. Il est le Berger qui nourrit le troupeau de lui-même. C’est pourquoi il nous donne aussi sa chair et son sang pour notre vie éternelle.

Notre unité vient de là : nous formons un seul troupeau parce que nous avons un seul et même Pasteur qui se donne lui-même en nourriture, Parole de vérité, pain de Vie et sang du Royaume. Soyons donc attentifs à nous reconnaître tels, en famille, au travail et même dans les loisirs. Sachons reconnaître en l’autre le don de Dieu réservé à ses fils, l’Esprit donné à ceux qui croient en son Fils et qui les rend capables d’un amour que le monde ne connaît pas. Saluons-nous les uns les autres dans le respect de cette sainteté qui nous est offerte pour que le monde nous en demande compte, et qu’il croie à son tour.

Ainsi nous serons aussi frères d’armes : bouclier de la foi, glaive de la Parole et casque du salut nous sont communs dans le combat spirituel où chacun doit être soutenu par la prière de tous les autres. Et nous serons frères de sang : peut-être littéralement, s’il faut le verser dans une persécution qui peut toujours survenir - qui sait ? -, en tout cas sacramentellement car c’est un seul et même sang de Jésus Christ qui nous purifie tous du péché et nous sanctifie pour que nous formions un peuple de Dieu ardent à faire le bien, le Temple de l’Esprit Saint. À condition que nous n’oubliions jamais que nous sommes d’abord, et toujours, des petits enfants nourris au sein de la mère Église et que le Père du ciel porte tout contre sa joue.

Oui frères, nous sommes tous frères de lait en Jésus Christ, c’est la joie des enfants de Dieu, maintenant et pour l’éternité.