Texte paru dans Paris Notre-Dame du 9 avril 2015

Préparer l’homélie

Propos recueillis par Céline Marcon
samedi 2 mai 2015.
 

L’homélie est un moment important pour les fidèles : elle doit leur faire percevoir la force de la Parole de Dieu dans leur vie et s’inscrire dans le mouvement global de la messe qui les transforme entre l’accueil et l’envoi.

« La Parole proclamée, vivante et efficace, prépare à la réception du sacrement et dans le sacrement cette Parole atteint son efficacité maximale » [1], explique le pape François.

Celui-ci souligne une difficulté actuelle pour l’homélie : « Les réclamations à l’égard de ce grand ministère sont nombreuses, et nous ne pouvons pas faire la sourde oreille. »[1]

Je pense, en effet, que la préparation de l’homélie devrait être davantage prise au sérieux dans le monde ecclésiastique en général et que tous ceux qui la pratiquent devraient suivre une formation solide. Le directoire rappelle à bon escient quelles sont les qualifications requises pour cet exercice difficile, ainsi que les manières de les acquérir et de les mettre en œuvre. Il insiste sur la nécessité de préparer à l’avance une homélie. Les prédicateurs feront attention à ne pas briller pour eux-mêmes au lieu de faire briller la Parole, à ne pas faire une conférence qui traite d’une problématique ou encore à ne pas proposer des idées en vrac qui ne sont pas maîtrisées.

« Le défi d’une prédication inculturée consiste à transmettre la synthèse du message évangélique, et non des idées ou des valeurs décousues. Là où se trouve ta synthèse, là se trouve ton cœur »[1], résume bien le pape François.

Dès le dimanche soir ou le lundi, je lis les textes de la messe du dimanche suivant. Puis, plusieurs fois dans la semaine, je les médite et les travaille, par exemple en me référant à leur version originale en grec ou en hébreu. C’est une manière d’installer ces passages bibliques dans la mémoire de mon cœur pour percevoir leur structure, leur intention et leur sens. L’étape suivante est de trouver un point d’application des textes dans l’existence quotidienne de la communauté à qui je vais adresser l’homélie. En général, il s’agit d’un enjeu formulé sous la forme d’une question, par exemple : comment pardonner ? En parallèle, je recherche aussi une clé qui serve d’accroche au début de la prédication et d’image directrice : une anecdote, une citation d’un livre ou d’une chanson, etc. Souvent, les idées surgissent lorsque je marche dans la rue. Je n’écris pas mon texte à l’avance, je prépare dans l’ensemble son contenu. Je crois qu’il ne faut pas vouloir à tout prix boucler une homélie ciselée. L’enjeu est de livrer, avec l’aide de Dieu, une parole qui atteigne l’assemblée au cœur.

[1] Extraits de La joie de l’Évangile, l’exhortation apostolique du pape François.