Dimanche 21 juin 2015 - 12e dimanche de l’année B - Messe des familles - fête du catéchisme

Avez-vous peur d’être abandonnés ?

Job 38,1.8-11 - Psaume 106,21-22.24-31 - 2 Corinthiens 5,14-17 - Marc 4,35-41
dimanche 21 juin 2015.
 

Cette question est trop grave pour que vous y répondiez, les enfants, en tout cas à voix haute. D’ailleurs, elle est terrible aussi pour les adultes : nous tous, enfants des hommes, nous avons craint, tout-petits, d’être abandonné par notre mère. Et cette angoisse ne nous quitte pas au long de la vie, elle prend seulement des formes différentes au cours du temps et de notre histoire de famille.

Alors, une autre question : est-ce que cela a « chauffé » à la maison ? Les frottements et les crises sont inévitables en tout foyer. D’ailleurs, les enfants sont désemparés quand le conflit éclate entre les parents en leur présence. Dans le feu de l’action, chacun peut laisser échapper des paroles ou des gestes terribles qu’il regrettera lorsque, comme souvent, heureusement, le calme sera revenu avec une certaine concorde. Comme on voudrait alors ne pas avoir dit ou fait ce qui restera un remord insupportable. Certains mots laissent des traces, tels les coups les plus sévères.

Cette deuxième question est à peine moins dure que la première. Alors je vous en pose une troisième, les enfants, à laquelle vous pouvez répondre tranquillement : que reproche Jésus à ses disciples ? D’avoir eu peur de périr dans la tempête ? Je ne pense pas : tout le monde a peur lorsque le danger est aussi grand. D’ailleurs, Jésus lui-même a eu peur, à la veille de sa passion. Alors quoi ?

Évidemment cette question : « Cela ne te fait rien que nous soyons perdus ». Et ce qu’elle signifie : le soupçon des disciples d’être abandonnés par le Seigneur. La peur que Dieu nous laisse tomber, voilà le contraire de la foi, voilà ce que le Christ reproche aux disciples. Vous me direz peut-être que lui même a dit sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’set vrai. Dieu a voulu s’abandonner lui-même pour que ne le soyons jamais. Le Père a abandonné son Fils aux mains des pécheurs, le Fils a abandonné sa vie, il s’est livré à ceux qui le haïssaient, lui, le Juste, pour que soient sauvés les pécheurs, pour qu’ils ne soient pas abandonnés au Mauvais. Voilà notre foi.

Alors, pourquoi choisir la politique du pire lorsque cela va mal ? Pensez-y la prochaine fois : retenez-vous des mots et des gestes qui seraient un fardeau dans le calme bientôt revenu. Préservez les chances de l’apaisement en toutes circonstances. Souvenez-vous de la tempête apaisée : aussitôt le Seigneur a calmé le vent et les flots, il le fera encore. Et même si le pire arrive, croyez bien que vous ne serez pas abandonnés pour autant : il sera avec vous dans les ravins de la mort, au jour de l’engloutissement et jusque sur l’autre rive, celui qui est mort et ressuscité pour que vous viviez !

Croyez en lui et vous n’aurez jamais plus peur, car le Seigneur vous garde à l’abri de ses ailes, maintenant et pour toujours.