Dimanche 28 juin 2015 - Saints Pierre et saint Paul, Apôtres - Fête patronale

Un bel avenir

Actes 12,1-11 - Psaume 33,2-9 - 2 Timothée 4,6-8.17-18 - Matthieu 16,13-19
dimanche 28 juin 2015.
 

Vous avez un bel avenir devant vous.

Plein succès aux épreuves, beau mariage, ordination sacrée, nomination prestigieuse et autres circonstances favorables vous ouvrent des perspectives exaltantes pour lesquelles tout le monde vous entoure et vous félicite.

À l’inverse, l’échec, la chute ou la stagnation dans des situations insatisfaisantes et autres circonstances malheureuses font le vide autour de vous et ne vous laissent que la commisération de ceux qui restent.

Pourtant, si nous étions prophètes, nous verrions que les plus à plaindre ne sont pas toujours ceux qu’on croit. D’abord, les espérances de ceux que la fortune favorise pour un temps sont si souvent déçues ! Le chemin qu’ils voyaient en rose s’avère toujours plus ou moins bordé d’épines. Ils se croyaient arrivés et découvrent bientôt que les ennuis ne faisaient que commencer.

À l’inverse, une foule d’inconnus restés au bord des routes de la gloire parcourent néanmoins leurs chemin d’homme et de bienheureuse simplicité. Ils portent secrètement, en dépit des frustrations et des dédains, leur joie d’être au monde dont l’humilité est la source intarissable.

Alors, pourquoi le psalmiste dit-il : « Il s’en va, il s’en va en pleurant, il porte la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes » ? Bien sûr, l’image agricole est claire : les semailles se font au temps froid et austère de la terre, tandis que la moisson se dore de soleil généreux dans l’abondance des fruits mûrs. Mais, de même que dans la nature un fruit mûr n’est qu’une graine prête à être semée, de même les grands moments de notre vie sont à la fois semailles et moissons puisque les succès ouvrent des avenirs qui sont autant d’aventures à tenter et à réussir peut-être ! Devrions-nous donc pleurer chaque fois que la vie nous sourit et rire de toute souffrance qu’elle nous inflige ?

Non, bien sûr ! Mais il serait bon de lever la tête en toute circonstance pour ne pas se refermer sur sa peine ou sur sa joie personnelle. Et ainsi d’élargir le regard à la communauté humaine dont nous faisons partie, ainsi qu’à l’Église dont nous sommes membres, nous inscrivant dans une perspective historique depuis la création jusqu’au jour tant attendu de la venue du Seigneur en gloire.

Certes, aujourd’hui Jésus « félicite » Pierre de sa confession de foi : « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas ! » Mais sa parole aussitôt dépasse largement le cas personnel de l’Apôtre en particulier, fût-il le plus « important » parmi ses compagnons. Sa promesse, en effet, porte sur l’Église : « Les portes de la Mort ne l’emporteront pas sur elle. »

Telle est l’espérance dont nous sommes porteurs pour l’Église notre mère, et donc pour l’humanité entière, puisqu’elle a vocation à être rassemblée dans l’Église pour son salut et la vie éternelle.

Tel est le bel avenir que nous avons devant nous, pour lequel nous rendons grâce à Dieu dans l’Eucharistie de Jésus Christ.