Université de Quartier - 9 mars 2000

Pénitience, confession, réconciliation II

2000.
 

"Plus je connais les gens, plus j’aime les bêtes."

Cette réflexion trop désabusée correspond à une certaine réalité ambivalente. D’un côté, je pense à Guy Gilbert, prêtre éducateur, qui emmène des jeunes en difficulté faire un séjour dans une ferme de montagne. Ces garçons socialement, psychologiquement et moralement déstructurés sont impossibles à aborder, par aucun côté. Leur donner des animaux à soigner est une façon de les réintroduire dans une relation élémentaire qui constitue un premier pas de retour vers une situation normale. De l’autre, je pense aussi aux "dames avec chien", aux personnes seules qui se concentrent sur leurs animaux familiers et se referment ainsi de plus en plus sur une relation qui, bien que respectable, reste très limitée. On voit des personnes demander un enterrement religieux pour leur animal de compagnie et même, cela est arrivé récemment à un prêtre de Bordeaux, le baptême pour un petit chien. À l’inverse de la démarche tentée et réussie par Guy Gilbert pour des personnes mal socialisées, il s’agit là parfois plutôt d’un désengagement relationnel, d’une régression psychologique, d’une désocialisation. Tout dépend donc du mouvement dans lequel on s’inscrit : commencer à s’occuper de moutons avec un peu de conscience et de constance est un grand pas en avant pour un jeune délinquant, se replier sur l’affection d’animaux, pour un être humain normalement socialisé, est une régression.

Certes, les bêtes peuvent paraître préférables aux hommes en ce qu’elles ne sauraient être, à proprement parler, immorales. Mais l’homme ne peut se contenter d’un idéal de bête, car en tant qu’être conscient et berger du monde, il ne peut pas échapper à sa vocation morale, quelle qu’en soit la difficulté. Nous savons bien qu’on ne fait pas un être moral sans un long travail d’éducation, que ce travail n’est même jamais tout à fait terminé et que nous restons toujours susceptibles de régresser. Ce qu’on appelle formation permanente dans le domaine professionnel est plus généralement une nécessité humaine globale : il n’y a pas d’être humain digne de ce nom qui ne soit appelé à progresser tout le temps. On ne peut absolument pas considérer l’homme de façon convenable autrement que comme un être en devenir, du berceau jusqu’à la tombe. Toute autre considération, tout point de vue immobile ou instantané, ne peut avoir d’utilité que de détail, et à condition de se rapporter à une perspective dynamique sur l’être humain en évolution.

Ce caractère essentiel de l’humanité en général se manifeste avec la plus grande clarté dans la Révélation, l’oeuvre suprême de Dieu qui consiste en une éducation de l’homme au long de son histoire, Dieu choisissant d’âge en âge des hommes pour les établir dans l’amitié avec lui, pour les conduire et les éduquer dans cette amitié.

Voyez les relations de Dieu avec son peuple : "Quand Israël était jeune, je l’aimai, et d’Égypte j’ai appelé mon fils... Et moi je lui avais appris à marcher, je le prenais par la main. Mais ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux. Je les menais avec des attaches de bonté, avec des liens d’amour. J’étais pour eux comme celui qui soulève un nourrisson tout contre sa joue. Je me penchais vers lui pour le faire manger... Mon coeur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent de compassion." (Osée, début du chapitre 11). Et au livre du prophète Jérémie, chapitre 31 : "Je suis un père pour Israël... N’est-il pas un fils si cher, un enfant tellement préféré, que chaque fois que j’en parle je veuille encore me souvenir de lui ? C’est pour cela que mes entrailles s’émeuvent pour lui, que pour lui déborde ma tendresse."

Ces textes nous disent non seulement que Dieu est un père pour Israël, mais que ce père déborde d’amour et de tendresse en paroles comme en actions. Telle est aussi l’affirmation de l’évangile selon saint Luc, par les paraboles du fils prodigue et de l’intendant malhonnête : seul l’amour éduque, et toute éducation spécifique de la Révélation, toute éducation que Dieu donne à son peuple, à ses élus, est précisément de les amener à reconnaître et à accepter son amour. La Révélation, l’oeuvre propre de Dieu, est salut de l’homme tombé au pouvoir du mal, sous la malédiction du péché qui est en soi hostilité contre Dieu, rupture de l’amitié et de la communion avec Dieu. La restauration de la relation de l’homme avec Dieu est progressive, nous l’avons bien compris en étudiant l’épisode du péché de David et Bethsabée : paradoxalement, d’une façon qui nous stupéfie, l’élu de Dieu est déjà établi dans une amitié remarquable avec Dieu tout en restant gravement atteint par l’inclination au péché, et en venant à pécher gravement.

Dès le premier pas cette éducation spécifique qu’est le salut est déjà nécessairement un retour au Père. Donc, au début de la démarche, c’est encore profondément marqué par le péché que l’homme se retrouve en présence du Père. Nous pouvons par là bien comprendre que ce n’est jamais de lui-même que l’homme perdu peut retourner au Père. C’est évidemment l’oeuvre du Père que de s’approcher de l’homme pécheur, même lorsque c’est apparemment l’homme qui se met en route de son propre mouvement.

Dans l’épisode du prodigue, le motif du fils perdu pour revenir à la maison du père est simplement le désir de se remplir le ventre. Ce désir, et le fait de s’y rendre, est proprement une action providentielle, une action de Dieu. Pour ce personnage de la parabole, la faim et le souvenir de la maison du père sont une occasion providentielle de se rapprocher de lui. Une occasion qui est déjà l’oeuvre du Père, si l’on interprète la parabole comme parlant du retour du pécheur à Dieu. Quant à l’intendant malhonnête, lorsqu’il appelle les débiteurs de son maître pour leur faire réécrire leur billet de dette, c’est bien par pur intérêt personnel. Il n’empêche que, dans cette action, il mise sur les autres serviteurs de son maître : ainsi il accomplit le premier pas de la confiance en l’autre. Or, l’autre ultime derrière tout autre est Dieu lui-même.

Ce détail de la parabole de l’intendant malhonnête me fait penser à l’admiration des gens aisés bien intentionnés qui s’occupent de déshérités lorsqu’ils sont témoins de quelque acte de générosité de leurs protégés. Une dame était ainsi très étonnée parce qu’un jeune homme qui n’avait plus, à part sa chemise, qu’un paquet de cigarettes, l’avait partagé avec ceux qui étaient assis dans la salle d’attente avec lui. Sans doute, ce geste est plutôt bon que mauvais, mais il est assez naïf de s’en émerveiller. La situation habituelle des gens de la rue et des quartiers difficiles, en effet, est de faire partie d’une bande ; et quand un membre de la bande possède quelque chose, il partage avec les autres : c’est une morale aussi élémentaire qu’impérieuse, une éthique de survie. Cette morale de la bande, qui est celle des brigands et des mafieux, ne doit donc pas être survalorisée. Mais, dans l’ambiance d’une situation socialement assez dégradée, elle est mieux que rien : on peut, hélas, tomber plus bas.

L’éducation consiste souvent à précéder celui qu’on éduque sur son propre chemin en l’admettant à un régime de fonctionnement qui suppose un stade plus élevé que celui qu’il a atteint réellement. On ne peut éduquer personne sans lui "faire confiance’" de cette manière quelque peu risquée. Bien entendu, ce risque doit être soigneusement mesuré pour que la démarche puisse réussir. On ne fait qu’embarrasser celui que l’on charge d’une confiance excessive. Mais faire expérimenter à celui dont on s’occupe une situation plus éclairée par l’amour, lui donner d’y avoir part de plein exercice, c’est vraiment l’élever dans l’amour. Le radical sur lequel est formé le mot Tora, qui désigne en hébreu les premiers livres de la Bible et que nous traduisons par loi, porte l’idée d’exploration, de découverte initiale d’un domaine.

Bien entendu, tous les sacrements, et notamment celui du pardon, s’inscrivent dans cette perspective de salut qui est une découverte progressive de l’amour. Vous savez qu’il y a les sacrements "de l’initiation" : baptême, confirmation et Eucharistie. Le sacrement du pardon, quant à lui, est un sacrement "de guérison", comme l’onction des malades. Puisque le salut a un aspect progressif, ne nous étonnons pas d’avoir du mal avec le sacrement du pardon, des difficultés à le pratiquer parfaitement. Si nous étions capables de pratiquer parfaitement notre relation avec Dieu, ce serait que nous serions déjà parfaitement sanctifiés. Comme ce n’est pas le cas, nous ne pratiquons qu’imparfaitement les dons de Dieu et, en particulier, les sacrements, qui sont des actions de l’Église où Dieu se donne.

Pour ce qui est de la Pénitence, donc, il ne faut pas s’étonner, par exemple, de ne pas regretter son péché. Bien sûr que je ne regrette pas mon péché quand je suis pécheur : je suis attaché à mon péché, j’y tiens. Le sacrement du pardon fait justement partie de cette oeuvre de Dieu qui a pour objectif de me libérer de mon attachement au péché. Il ne faut pas que je m’étonne non plus de ne pas éprouver spécialement d’amour de Dieu dans cette démarche et de l’accomplir de façon un peu sèche : bien sûr que je n’aime pas Dieu ! Toute l’oeuvre de Dieu, du salut, a justement pour objectif de m’établir dans l’amour de Dieu. Mais si la pratique du sacrement de pardon ne contribue pas, pour sa part, à me faire progresser dans la découverte de l’amour de Dieu, il y a vraiment là un grave défaut !

Nous n’avons pas à nous efforcer de nous convaincre qu’il nous faut nous acquitter de l’obligation d’aller nous confesser. Nous avons à pratiquer les sacrements de façon digne de Dieu, c’est-à-dire de manière telle que par là il nous prouve son amour en nous le faisant éprouver, de plus en plus, en sorte que, toujours croissant, cet amour en nous soit plus fort que la tentation, plus fort que le pouvoir du Mauvais.

L’idée de retour est certes essentielle dans le sacrement du pardon ; mais, conçue trop courte d’emblée, cette idée devient catastrophique. Si nous avons à l’esprit qu’il s’agirait simplement de nous remettre dans l’état correct que nous avons peu ou prou quitté, comme le drap doit à la lessive de redevenir blanc ou comme un vêtement déchiré a besoin d’être reprisé, vraiment nous avons une idée trop courte de l’oeuvre de Dieu. Seule l’inscription de l’idée du pardon du péché dans l’immense mouvement du retour de la création à Dieu, homme en tête, peut être structurante et éclairante pour le sacrement de Pénitence.

Les sacrements "d’initiation" sont ceux qui "font chrétiens". En tant que tels ils sont fondateurs de tous les autres sacrements, qui doivent donc se comprendre en relation à ceux-là. Si vous recueillez chez vous un "SDF", un homme errant dans la rue, vous allez le soigner, le laver et le nourrir. Mais vous ferez de même pour un enfant qui revient de camp ou de raid. Les deux gestes fondamentaux des parents sont de donner la vie à leurs enfants et de les éduquer. Dans l’ordre du salut, le don de la vie est le baptême par lequel l’Église enfante, par la puissance de l’Esprit Saint, les fils de Dieu : ce baptême en Jésus Christ sauve l’homme, l’arrache au monde du péché et de la mort et le fait naître d’En haut. Quant à la confirmation, elle est le sacrement de l’éducation, de la formation, du développement, de la croissance. Ces deux sacrements sont "à caractère" : ils ne se donnent qu’une seul fois. Mais c’est pour toute la vie. Le baptême sauve, et c’est toute sa vie que le baptisé est porté dans la grâce du baptême pour traverser mille embûches, mille pièges mortels. La confirmation est le don de l’Esprit et le gage du don de l’Esprit : le don de l’Esprit des fils qui accomplit, qui achève l’oeuvre de Dieu, et le gage du don de l’Esprit en chaque circonstance où le chrétien aura à tenir son rang, son poste, son rôle de fils de Dieu. Il y a donc un "couple" fondamental baptême et confirmation. Quant à l’Eucharistie, qui est le sacrement principal et englobant, elle est l’événement créateur de l’Église dans lequel nous sommes sauvés et faits réellement fils de Dieu de façon continue et toujours renouvelée, nous qui avons été baptisés et confirmés.

Le sacrement de Pénitence se rapporte au baptême : il nous rappelle toujours d’abord que nous sommes arrachés au monde du mal et de la mort par le baptême, et il nous confirme dans cette grâce baptismale. De plus, en tant que ce sacrement nous fait progresser dans le rejet du péché et l’accueil de la grâce, il nous établit plus complètement dans la stature de fils de Dieu : ce progrès est un aspect du don de l’Esprit Saint dont la confirmation est le gage. C’est pourquoi la formule sacramentelle du sacrement de Réconciliation mentionne "l’Esprit Saint donné pour la rémission des péchés". Enfin, en tant que ce sacrement, plus précisément, nous libère des péchés commis et restaure notre communion avec Dieu, il se rattache à l’Eucharistie, qui a essentiellement cet effet pour l’Église.

Sans perdre de vue cette cohérence du sacrement de Pénitence et de Réconciliation, bien inscrit dans le mouvement global du salut de Dieu à l’oeuvre pour nous, nous allons maintenant examiner un peu en détail comment le Catéchisme de l’Église catholique l’expose. J’attends de cet exercice plusieurs résultats bénéfiques. D’abord vous pourrez vérifier que mon enseignement est à l’école de la doctrine de l’Église. Surtout, vous comprendrez mieux certains énoncés doctrinaux qui, assénés isolément, peuvent être plus une difficulté qu’une lumière. Enfin, ce travail sur le cas particulier du sacrement de Pénitence devrait vous éclairer plus généralement sur la façon dont se construit un tel ouvrage, et donc sur la façon dont on peut en profiter. Le Catéchisme, nous allons le voir, est essentiellement une collection d’énoncés doctrinaux, choisis parmi les plus saillants, les plus repris par le magistère, et rassemblés par chapitres et par thèmes. Cet ouvrage suppose un tri, un classement et un certain travail de présentation, mais il garde la forme d’un recueil de textes de référence plus qu’il n’acquiert celle d’un traité.

Le Catéchisme parle du sacrement de Pénitence et de Réconciliation à l’intérieur de la partie qui s’intitule "Les sept sacrements de l’Église", cette partie étant elle-même insérée dans "La célébration du mystère chrétien". Dès le début du développement consacré au sacrement de Pénitence, il nous est rappelé que "nous portons le trésor de la vie nouvelle dans des vases d’argile", et que "cette vie nouvelle est encore cachée avec le Christ en Dieu". Nous sommes donc résolument inscrits dans la perspective d’un chemin dont nous n’avons pas encore atteint le terme.

Le numéro 1423 répond à la question : Comment est appelé ce sacrement ? La réponse est multiple. Les noms énumérés, conversion, Pénitence, confession, pardon ou Réconciliation, ne peuvent être mis sur le même plan. D’abord, on peut remarquer que seuls "Pénitence" et "Réconciliation" sont écrits avec une majuscule initiale : cela nous rappelle que le nom officiel est "sacrement de Pénitence et de Réconciliation". Mais, du point de vue notionnel, pénitence et conversion sont deux façons complémentaires de dire le mouvement de retour à Dieu, tandis que la réconciliation est, en somme, la visée et le résultat du pardon. Ces deux couples de noms correspondent aux deux pôles de l’événement en question : le mouvement de l’homme qui retourne à Dieu et le mouvement de Dieu qui rétablit l’homme dans l’amitié avec lui. Au milieu de ces quatre noms essentiels se situe celui de "confession", qui ne se trouverait sans doute pas en si belle compagnie si nous n’étions obnubilés par cet aspect de la célébration du sacrement.

Au numéro 1426, il nous est dit qu’il s’agit, au fond, du "combat de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle". Belle formule, bien digne d’être retenue. Le terme est indiqué : la vie éternelle. Quant à la sainteté, elle est aussi le terme même, puisque Dieu seul est saint, mais elle est également le chemin et le progrès : il s’agit de se laisser sanctifier, de progresser sur la voie de la perfection.

Au numéro 1428, on nous parle d’une "seconde conversion" : qu’est-ce à dire ? Il s’agit d’une référence au baptême. Mais, le baptême a-t-il été vraiment pour nous une première conversion ? La difficulté que nous rencontrons ici et que nous allons rencontrer de plus en plus est le juridisme qui se mêle à la forme kérygmatique ou théologique de l’énoncé du mystère de Dieu. La forme juridique est indispensable, parce qu’elle fait partie de la vie humaine, mais si elle n’est pas subordonnée à la morale, à la politique ou à la théologie, elle devient un piège. L’idée de seconde conversion est utile à condition d’être bien comprise dans l’économie réelle de la vie chrétienne.

Il s’agit, nous dit-on au numéro 1431, d’éprouver "une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises" et "le désir et la résolution de changer de vie avec l’aide de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de la grâce". Si nous agissons de cette manière, bien sûr, nous sommes sauvés. Mais en réalité ce qui est énoncé là est plutôt la visée de l’action de Dieu en nous par les sacrements de l’Église que le préalable à cette action. Nous avons beaucoup de mal à comprendre, entre autres, le sacrement de Réconciliation parce que nous sommes écartelés entre notre idée normative du sacrement et une pratique qui ne lui correspond guère, qui s’y oppose même d’autant plus qu’elle devient restrictivement formelle et juridique. Si nous ne devions nous présenter à l’Église pour le sacrement de Pénitence et de Réconciliation qu’avec une répugnance parfaite pour les fautes commises et la très ferme résolution de ne jamais recommencer, on ne nous y verrait jamais. Et, en fait, on ne nous y voit guère.

Heureusement, le numéro 1433 énonce que, depuis Pâques, c’est l’Esprit Saint qui "confond le monde en matière de péché" et que "ce même Esprit qui dévoile le péché est le Consolateur qui donne au coeur de l’homme la grâce du repentir et de la conversion". C’est donc bien l’oeuvre de Dieu, particulièrement dans et par le sacrement de Pénitence, que nous puissions regretter notre péché et mettre notre confiance en la miséricorde divine.

Au numéro 1435, il nous est dit que "prendre sa croix chaque jour et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence". Il fallait que ce fût dit ! Mais, en fait, cette suite du Christ constitue tout simplement la vie chrétienne. Est-ce là le chemin de la pénitence, ou n’est-ce pas plutôt le fruit de la pénitence ? Puis, au numéro 1436, nous apprenons que l’Eucharistie est source et nourriture de conversion et de pénitence quotidiennes. N’aurait-on pu commencer par là ? Vous le voyez, ce Catéchisme est une collection de formules fondamentales classées aussi bien que possible, sans doute, et dont il s’agit de faire notre miel sans nous arrêter aux imperfections relatives du plan.

Au numéro 1440, il nous est dit que "le péché est avant tout offense à Dieu et rupture de communion avec lui" et que le sacrement de Pénitence et de Réconciliation est donc fait pour revenir de cette offense et de cette rupture. Le principal malentendu qui nous menace, je vous l’ai dit, serait de considérer de façon étroite et restrictive le sacrement de Réconciliation comme la restauration d’une situation antérieure supposée bonne qui aurait été légèrement dégradée par le péché. Une "offense à Dieu" et, surtout, la "rupture de communion avec lui" ne peuvent absolument pas être considérées comme de simples taches ou accrocs sur un vêtement normalement propre et en bon état. En fait, ce sacrement a été institué et mis en oeuvre, en vigueur, pour la réinsertion dans l’Eglise de pécheurs radicaux du type apostats, qui, ayant renié la foi, se sont ainsi laissés déchoir de la grâce baptismale. C’est dans ce sens que l’usage premier et essentiel du sacrement est de restaurer l’état de grâce baptismal de ceux qui l’ont perdu (N° 1446). Fort heureusement c’est un usage qu’il faut souhaiter, et qu’on peut penser, rare, même s’il est fondamental pour l’histoire de la mise en oeuvre du sacrement. Mais, puisqu’il est pratiqué beaucoup plus largement comme un moyen de progression dans la vie chrétienne, il nous faut comprendre comment les deux aspects de sa pratique s’inscrivent dans un même mouvement fondamental. Pour cela, nous devons nous rappeler la Rédemption, à savoir que, sur la croix, le Christ nous a acquis potentiellement le pardon de tous les péchés : pour tous les hommes et pour toujours. Et nous devons comprendre que, pour que le fruit de ce salut nous atteigne et nous change, il faut bien que nous le recevions.

Au numéro 1445, il nous est précisé que la réconciliation avec l’Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu. Bien sûr ! Mais le caractère essentiel de l’Eglise comme communauté des sauvés, comme corps du Christ et communauté de pardon ne doit-il pas être pensé de façon fondatrice, depuis le début et tout le temps ? Si nous ne le pensons que juridiquement, comme un sous-paragraphe de la réconciliation avec Dieu, comment voulez-vous que nous y comprenions quelque chose ? Déjà, nous avons tendance à dire : "Me réconcilier avec Dieu ? Mais je ne suis pas fâché avec lui !" Alors, si l’Eglise n’est mentionnée que comme un article supplémentaire, cela ne fait qu’épaissir l’obscurité pour nous. Comprendre l’Eglise et la vivre, comprendre l’Église en la vivant, cela fait partie des premiers pas de la grâce, ce n’est pas la parure de bon ton d’une élite qui serait particulièrement versée dans la religion.

Il nous reste donc à comprendre la généralisation du sacrement de Pénitence et de Réconciliation, depuis la première pratique historique, supposée exceptionnelle en principe, de réintégration dans la communauté de ceux qui avaient été déchus de la grâce baptismale, jusqu’à la pratique habituelle qui devrait être la nôtre.

Au numéro 1448, nous lisons que ce sacrement consiste essentiellement dans, d’une part, les actes de l’homme et, d’autre part, l’action de Dieu, les actes de l’homme étant : la contrition, l’aveu et la satisfaction. Cette énumération met sur le même plan l’aveu - c’est-à-dire la confession, le fait "technique" de dire ses péchés - et la contrition. Or, la contrition constitue l’une des deux faces de la conversion, ce retour à Dieu qui comporte, d’un côté, la joie d’aller à Dieu et, de l’autre, le regret de l’avoir offensé. Les larmes de la contrition s’inscrivent dans la joie et la lumière d’aller à Dieu et y renvoient. Il n’y a pas vraiment de larmes de contrition s’il n’y a pas cette joie d’aller à Dieu. Il ne s’agit donc pas de se faire pleurer "puisqu’il faut de la contrition", ce qui serait tout à fait stupide. En effet, il ne peut y avoir de véritable contrition sans amour, sans révélation de l’amour et accueil de cette révélation. Quant à la satisfaction, elle consiste en un travail de réparation et de purification qui n’est autre, au fond, que la vie chrétienne elle-même dans laquelle nous sommes relancés par le passage bienheureux dans le sacrement de Réconciliation.

Au numéro 1451, la contrition est définie comme "la douleur de l’âme et la détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir". Avez-vous avez déjà souvent éprouvé une telle contrition ? En réalité, il ne s’agit là que de la "contrition parfaite". Il existe aussi, nous explique-t-on, une contrition imparfaite, dite "attrition". La contrition parfaite répond vraiment à l’amour de Dieu sauveur par un amour de reconnaissance. Ce serait le fils prodigue s’il rendait de tout son coeur ses baisers au père, au lieu de ne penser qu’à manger. Mais qui de nous serait capable de rendre ses baisers au Père comme il le mérite ? Dans l’attrition, le pénitent regrette au mieux de ne pas éprouver l’amour de Dieu comme il le devrait. La contrition imparfaite est faite de toutes ces raisons qui ne sont pas bonnes, au fond, et qui nous font néanmoins aller recevoir le don de Dieu, comme, pour le fils prodigue, le désir d’aller se remplir le ventre. Ces raisons ne sont bonnes que dans la mesure où elles relèvent de la foi, cette foi que nous recevons le plus souvent dans l’obscurité et l’imperfection de notre âme. Aller se confesser parce qu’on a vaguement le sentiment que c’est obligé est déjà une démarche de foi. Ce n’est pas très brillant, mais c’est de la foi. Détester son péché parce qu’on a été pris, parce qu’on est vexé d’être pris, ce n’est pas très beau, mais cela "vaut". Nous nous approchons, en général, du sacrement de Pénitence avec des motivations très imparfaites : une contrition vague, du genre un peu dépressif, une espèce de dégoût de soi et des autres sans clarté ni saveur ; et nous sommes pourtant bien accueillis !

Nous pouvons maintenant lire le numéro 1452 : "Quand elle provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée "parfaite" (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle." Le péché mortel réalise la déchéance de la grâce baptismale. Si celui qui a commis un péché mortel éprouve l’amour de Dieu et la détestation de son acte, c’est qu’il est déjà magnifiquement rétabli par Dieu dans la grâce baptismale ! Qu’un tel repenti doive rencontrer l’Eglise en son retour selon les formes prescrites par elle, cela est juste et nécessaire et mérite d’être dit. Peut-être pourrait-on le dire mieux.

Au numéro 1453, il nous est précisé que la contrition imparfaite ou attrition est, elle aussi, un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint. "Elle naît de la considération de la laideur du péché ou de la crainte de la damnation éternelle et des autres peines dont est menacé le pécheur." C’est donc que la damnation éternelle ne fait pas assez peur ! C’est vrai. Je vous l’ai dit : nous péchons allègrement tant que cela reste secret, et nous sommes désolés quand nous sommes pris. Nous craignons la honte du péché plus que le péché et la damnation. Voilà notre chemin ordinaire. Notre conscience est ébranlée pour des raisons diverses et peu reluisantes en général, mais cet ébranlement "peut amorcer une évolution intérieure qui sera parachevée sous l’action de la grâce". Cette évolution sera , en fait, réalisée par la grâce. Le décisif en l’affaire n’est pas la façon dont le pénitent est venu, mais la façon dont il est reçu, en sorte qu’il découvre ce qu’il ignorait en venant. La contrition imparfaite, que voulez-vous qu’en fasse le bon Dieu ? Son seul intérêt est que, grâce à elle, l’homme se présente devant lui. C’est alors qu’il peut se passer quelque chose d’intéressant. "Par elle-même, cependant, la contrition imparfaite n’obtient pas le pardon des péchés graves, mais elle dispose à l’obtenir dans le sacrement de Pénitence." Voilà.

Parlons en passant un peu de l’aveu, qui est parfois la seule chose qui nous intéresse ! Au point qu’on voit plus d’un pénitent prêt à remercier et à partir sans pénitence ni absolution. Au point que nous appelons toujours ce sacrement "confession", et que l’aspect nous en fascine toujours de "dire ses péchés à un prêtre". Or, la seule confession absolument nécessaire est celle de l’amour de Dieu, plus fort que le mal, et qui nous accueille, pécheurs que nous sommes, pour nous sauver. Quant à la satisfaction, nous en avons traité assez complètement dans le premier exposé. Il s’agit du travail de purification, de l’effort de renonciation au péché, de la progression dans la libération par rapport à l’attachement mauvais aux créatures.

Le Titre 8, sur "le ministre de la confession", énonce au numéro 1466 que le confesseur doit "conduire le pénitent avec patience vers la guérison et la pleine maturité". Cette très belle définition vaut plus généralement pour toute la cura animarum, le soin des âmes, dont le curé est le responsable ordinaire pour ses paroissiens.

Au Titre 9, il s’agit des effets du sacrement. Le numéro 1468 énonce : "Toute l’efficacité de la Pénitence consiste à nousrétablir dans la grâce de Dieu et à nous unir à Lui dans une souveraine amitié." Qu’il nous est bon d’entendre une si belle déclaration ! L’union à Dieu dans une souveraine amitié, voilà la sainteté, la vie éternelle, l’effet de la réconciliation ! Donc, comme il est précisé ensuite, cette réconciliation est, de soi, aussi réconciliation avec l’Eglise, avec soi-même, avec ses frères, et avec la Création tout entière. Magnifique perspective ! Mais il nous faut retomber de cette hauteur pour aborder le Titre 10, "Les indulgences".

Au numéro 1472, nous lisons, en guise de concession à la critique des indulgences comme moyen d’être purifié des peines dues au péché qui subsistent après l’absolution et la satisfaction : "Une conversion qui procède d’une fervente charité peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait." Remarquez la syntaxe, curieuse en français : cet irréel après un indicatif signifie-t-il que ce qui est évoqué doit être tenu pour impossible ou improbable ? En effet, qu’est-ce qu’une fervente charité sinon la jouissance de l’amitié de Dieu, c’est-à-dire la sainteté ? Et que pourrait-il subsister du péché dans la sainteté parfaite ? Absolument rien, évidemment.

Le propos sur les indulgences me fait penser à ces exercices mathématiques dans lesquels on s’escrime à résoudre par l’arithmétique au prix de difficultés énormes un problème qui trouverait une solution algébrique toute simple. Cette lourde construction alambiquée n’a d’autre visée essentielle que le thème de la communion des saints, qui se trouve ne faire ici l’objet que d’un sous-paragraphe dans le Titre 10. La communion des saints est la solidarité spirituelle des fils de l’Église à laquelle est élevée surnaturellement la solidarité humaine, qui est un fait de nature. La sainteté est le propre de Dieu qu’il donne en partage, par pure grâce, aux membres du Corps de son Fils. Le péché est toujours aussi rupture de cette solidarité ecclésiale en laquelle est merveilleusement restaurée et recréée par le salut en Jésus Christ la solidarité humaine naturelle. En revanche, toute grâce reçue par chacun profite aussi à tous.

Sous le Titre 11 et dernier, il est question de la célébration du sacrement. Au numéro 1480, il nous est dit que cette célébration est une "action liturgique". Liturgique, du grec laos, peuple, et plus précisément dans la langue chrétienne, peuple de Dieu : il s’agit d’une action du peuple de Dieu, action de Dieu, par la grâce de Dieu. "Tels sont ordinairement les éléments de la célébration : salutation et bénédiction du prêtre, lecture de la Parole de Dieu pour éclairer la conscience et susciter la contrition, et exhortation à la repentance ; la confession qui reconnaît les péchés et les manifeste au prêtre ; l’imposition et l’acceptation de la pénitence ; l’absolution du prêtre ; louange d’action de grâce et envoi avec la bénédiction du prêtre."

Le numéro 1482 précise que le sacrement de Pénitence "peut aussi avoir lieu dans le cadre d’une célébration communautaire". Pourquoi "aussi" ? Le numéro 1480 nous semblait décrire précisément une célébration communautaire. D’autant que l’on ajoute : "Cette célébration communautaire exprime plus clairement le caractère ecclésial de la Pénitence." Or, nous avons compris que le caractère ecclésial du sacrement était essentiel, et non simplement décoratif ou subsidiaire. On précise d’ailleurs enfin que "quelle que soit la manière de sa célébration, le sacrement de Pénitence est toujours, d’après sa nature même, une action liturgique, donc ecclésiale et publique."

Le numéro 1483, ensuite, est consacré à la célébration avec confession générale et absolution générale : une forme, nous est-il précisé, à laquelle on ne peut avoir recours qu’en cas de "nécessité grave", cas que ne constitue pas un grand concours de fidèles à l’occasion de grandes fêtes ou de pèlerinages.

Enfin, le numéro 1484 et dernier énonce, en citant le Rituel de la Pénitence : "La confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession."

Tout cela mérite réflexion. Nous avons là bien entendu, comme dans tout le Catéchisme, une doctrine parfaitement sûre. Mais le passage est rédigé de telle manière que le lecteur non averti est induit à comprendre que le sacrement doit être célébré normalement dans ce que l’on appelle parfois la "forme privée", sans s’embarrasser de liturgie de la Parole ni d’action de grâce, et que les célébrations communautaires sont plutôt déconseillées, ce qui est littéralement contraire à la doctrine qui vient d’être exposée. Que la plupart des lecteurs de bonne foi soient ainsi exposés au contresens sur ce sujet, c’est vraiment dommage.

Puisque la célébration du sacrement est, de soi, publique et ecclésiale, ne doit-elle pas être normalement communautaire et pleinement liturgique ?

Que la confession individuelle suivie de l’absolution individuelle demeure nécessaire dans le mode ordinaire de l’administration du sacrement, nous l’entendons bien ! C’est ainsi que l’on procède dans une célébration communautaire normale, comme il est détaillé au numéro 1482.

Pourquoi donc subsiste-t-il une telle ambiguïté dans la rédaction, sinon parce que l’on reste excessivement attaché à des formes réduites ou étriquées de la liturgie pour ce qui concerne la célébration du sacrement de Réconciliation alors que, par exemple, nous en sommes largement sortis pour la célébration eucharistique ?

En particulier, un mot, un tout petit mot du Catéchisme, au début du numéro 1484 que j’ai cité, est lourd de conséquences. Il s’agit du mot "intégrale" dans la formule : "confession individuelle et intégrale". On comprend, tout le monde comprend, qu’il faut confesser tous ses péchés. Programme absurde autant qu’irréalisable ! Mais si l’on consulte l’original latin du Droit Canonique qui mentionne aussi cette disposition du Rituel de la Pénitence, au canon 960, on constate que l’adjectif utilisé est integra, qui signifie, en bon latin, "intègre, sincère, droite, franche", et non integralis, qui veut dire, en bas latin, "intégrale". Or, la traduction française commet le contresens, en parlant de "confession individuelle et intégrale".

Bien entendu, ce qui est en question est la droiture de la démarche. Certes, cette droiture serait évidemment fort douteuse chez quelqu’un qui voudrait positivement cacher un péché au confesseur, mais elle n’a pas grand chose à voir avec l’exhaustivité de la confession. Pire, une lourde insistance sur la confession et son exhaustivité a poussé des générations d’enfants des écoles catholiques qui, sauf exceptions, étaient plus socialement contraints à la pratique religieuse que formés dans la foi au Christ, à s’inventer des péchés pour satisfaire le confesseur. La fraude systématique et généralisée dans la Pénitence fut pour beaucoup le misérable résultat d’une intention mal instruite ! "Heureux l’homme dont la faute est enlevée et le péché remis, heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense, dont l’esprit est sans fraude." (Psaume 31/32). Voilà ce qui est normal et nécessaire : une confession sans fraude !

Méfions-nous donc un peu du cabinet d’aveu obscur et triste où l’on peut enfermer le don lumineux de Dieu. Réintégrons la plénitude heureuse de la foi dans une pratique liturgique généreuse. La célébration du sacrement de Pénitence doit être la réalisation liturgique efficace, par la puissance de la grâce de Dieu, par l’Esprit Saint, de la Révélation que Dieu seul est saint, que Dieu seul est Un, que Dieu seul est bon et, à la lumière de cette révélation, de la reconnaissance du pénitent qu’il n’est ni juste, ni saint, ni bon, mais qu’il est aimé par Dieu en dépit de son indignité.

Chrétien, je dois recevoir à nouveau dans le sacrement de l’Église la Bonne Nouvelle : si Dieu a envoyé son Fils mourir sur la Croix et l’a ressuscité, c’est pour que je sois rendu juste, saint et bon comme Dieu l’est, dans une restauration de la création que je suis plus merveilleuse encore, dans la recréation du Fils de Dieu lui-même. Moyennant quoi je crierai dans l’assemblée des saints : "Pitié Seigneur ! Je ne suis rien, rien qui vaille, moi, rien qui serait comme un vase de Chine légèrement écaillé qu’un savant confesseur, capable de comprendre ma belle âme, saurait recoller avec habileté. Moi je suis un vase de terre. Je ne suis rien qui vaille, moi pécheur, sinon ce germe que constitue le vouloir de Dieu que je vive, parce qu’il m’aime." Dans cette confession, qui est déjà l’oeuvre de sa miséricorde, Dieu me transforme par la grâce du sacrifice du Christ. Il me transforme dans les sacrements, notamment du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie : il fait de moi, dans l’Église, un fils de Dieu christifié dans le Fils. Voilà ce que Dieu fait de nous dans la liturgie.

Le sacrement de Pénitence est sacrement du "Retour" : retour de la Création à Dieu, l’homme en tête, et, en tête de l’homme, les élus, ceux que Dieu a choisis pour être saints et sans péché devant sa face et entraîner à leur suite dans le Christ tous les hommes et, par les hommes, toute la Création.

Confessons donc, dans la foi de l’Eglise, l’oeuvre merveilleuse de Dieu. Puisons abondamment à la source, vivons largement de tous ces dons immenses que sont les sacrements dans lesquels Dieu agit pour nous faire naître et progresser dans la découverte sanctifiante qu’il est pour nous un Père, un Père qui nous aime et nous sauve en son Fils par la puissance de l’Esprit Saint.


2000 UQ penitience confession reconciliation