Dimanche 26 juillet 2015 - 17e dimanche de l’année B

Tant pis si tu ne comprends pas

2 Rois 4,42-44 - Psaume 144,10-11.15-18 - Éphésiens 4,1-6 - Jean 6,1-15
dimanche 26 juillet 2015.
 

Que diriez-vous de quelqu’un qui se réjouirait beaucoup d’un cadeau pour l’agrément qu’il lui apporte sans se soucier le moins du monde du généreux donateur ni du sens qu’il entend donner à son présent ?

Tel est le comportement de la foule nourrie aujourd’hui par le Christ : spirituellement d’abord par son enseignement, physiquement ensuite par la multiplication des pains et des poissons.

Sans doute voit-elle dans ce signe la preuve que Jésus est un prophète, mais son intention ensuite est de le « faire roi ». Or, ce projet est contraire à tout ce qu’il veut leur donner à entendre.

Le Christ n’a pas nourri tous les affamés de la terre à tort et à travers. Il n’est pas venu nous extraire de notre histoire humaine dramatique, mais nous apprendre à y triompher par la sainteté qui est l’avance de la vie ressuscitée.

Le « signe des pains » qu’il donne ici est précisément de nourrir la foule au désert après lui avoir donné l’enseignement de vie. Il renouvelle et parfait ainsi le don de Dieu à son peuple Israël en Exode.

Parce que les bénéficiaires de cette grâce sont restés sourds à la révélation qu’elle leur apportait sur Jésus et sur le salut qu’il apportait, et par déception, ils ont basculé dans l’hostilité au Christ et l’ont livré à Pilate qui l’a crucifié précisément sous le chef d’inculpation de « Roi des Juifs ».

C’est ainsi, pourtant, que Jésus a justement accompli le salut qu’il était venu annoncer et réaliser pour son peuple et pour toutes les nations. C’est ainsi qu’il est alors réellement devenu le « Roi des Juifs », et même de l’Univers.

Allons-nous donc, nous-mêmes, écouter maintenant la parole de ce Prophète par excellence ? Voulons-nous comprendre le signe des pains, ou bien resterons-nous enfermés dans des attentes « mondaines » ?

Ainsi, tous, nous voudrions bien être favorisés par Dieu au titre de notre foi chrétienne. N’a-t-il pas promis de combler de grâces ses disciples au milieu du monde ? Certes, mais son intention reste fermement la même.

Les faveurs particulières qui nous sont accordées ont toujours le sens d’une confirmation de son enseignement et d’un encouragement sur la voie de sainteté qu’il nous a ouverte par son sacrifice.

Quand le Christ nous fait cette sorte de cadeaux de nous offrir la réussite dans nos entreprises ici-bas et la prospérité que tous les hommes désirent, prenons garde au donateur et à ses intentions pour ne pas gâcher ses dons.

Croyons bien qu’en tout cela il veut fortifier en nous la foi à sa parole : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui cherchent par-dessus tout le Royaume de Dieu et sa justice ». Ne laissons pas la proie pour l’ombre.

Si nous manquons à interpréter justement les bonheurs terrestres qui nous sont consentis, alors tant pis pour nous : nous retomberons dans les attentes qui ont égaré les contemporains de Jésus. Mais si nous y voyons le sourire de Dieu qui nous engage à faire de nouveaux progrès sur la voie qui conduit à lui, bienheureux serons-nous de rendre grâce pour tout dans l’Eucharistie du Christ.