Dimanche 2 août 2015 - 18e dimanche de l’année B

L’ADN chrétien est-il l’ADN de Dieu ?

Exode 16,2-4.12-15 - Psaume 77,3.4ac.23-24.25.52a.54a - Éphésiens 4,17.20-24 - Jean 6,24-35
dimanche 2 août 2015.
 

Quelle découverte formidable que celle de ce code génétique qui permet de reconnaître à coup sûr de quel organisme provient un élément donné. Bien sûr, les applications judiciaires de ce principe sont essentielles. Ainsi, par exemple, la filiation d’un individu quelconque peut être établie sans le moindre doute. Les relations familiales apparaissent avec certitude et précision à l’aune de cet indicateur prodigieux.

Du coup, peut se poser une question saugrenue : s’ils avaient disposé de ces connaissances, les contemporains de Jésus auraient-il pu établir objectivement sa filiation divine ? Imaginez les conséquences pour la foi : plus de problème dès lors, la certitude de l’identité du Christ devenant un résultat scientifique incontestable !

Évidemment, cette spéculation est vaine : Dieu est pur Esprit et n’a donc pas d’ADN. Le code génétique de Jésus était sûrement issu de celui de Marie et peut-être, pourquoi pas, formé aussi miraculeusement à partir de celui de Joseph. Rien n’interdit de l’imaginer, mais nous ne le saurons jamais ici-bas et, de toute façon, cela n’a guère d’importance.

De même, les codes génétiques que l’on pourrait trouver dans l’hostie consacrée ne sauraient être autres que ceux des grains de blé qui ont fourni la farine, comme tous les « accidents » (forme, couleur, saveur...) qui persistent tandis que la substance a été changée en celle du Corps du Christ. Le « sceau du Père » évoqué par le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui existe pourtant donc bien, puisqu’il en parle ! Mais il faut aller le chercher ailleurs que dans l’épaisseur de la chair. C’est par « l’Esprit Saint qui demeure sur lui » que Jésus est « la véritable icône du Père », et c’est pourquoi justement il est appelé « Christ », ce qui signifie précisément « Oint » de cet Esprit. Se faisant « Pain de vie » pour le monde, il est bien « le vrai pain venu du ciel » qui demeure éternellement.

À quels signes, reconnaîtrons-nous donc le Fils de Dieu pour pouvoir croire en lui ? Uniquement à ce qui signale en lui l’identité divine, c’est-à-dire la sainteté qui est l’amour parfait. Or, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». C’est pourquoi le signe de l’Eucharistie est sûr et limpide : le Pain de vie est cet homme qui a donné sa vie pour pouvoir se donner à ses frères en nourriture de salut et de vie éternelle.

Nous qui avons été marqués du même sceau par notre baptême et notre confirmation, nous n’avons pas d’autre signe à donner que celui-là. Il n’est pas d’autre « ADN chrétien » que la sainteté communiquée par Dieu à ceux qui croient en son Fils. Et cette sainteté, c’est l’amour même qu’il nous a témoigné en s’offrant pour nous.

Rendons grâce avec lui en partageant ici le pain de vie, à cette table qu’il a dressée pour nous qui sommes sa famille, et puis allons et faisons de même. Ce n’est pas autrement que nous serons fidèles à notre vocation chrétienne, afin que le monde croie et qu’il soit sauvé.