Dimanche 9 août 2015 - 19e dimanche de l’année B

Il faut chasser la mort de la vie. D’accord ?

1 Rois 19,4-8 - Psaume 33,2-9 - Éphésiens 4,30 à 5,2 - Jean 6,41-51 ("Il a la vie éternelle, celui qui croit")
dimanche 9 août 2015.
 

La mort qui met fin à la vie par accident ou par maladie, nous la combattons autant que nous pouvons par la sagesse et la médecine. Mais il y a aussi celle qui s’insinue dans la vie : haines, rivalités, jalousies, trahisons, rancunes et vindictes, toutes sortes de malveillances et de misères qui blessent l’âme et rendent amère l’existence au point que le malheureux, comme Élie poursuivi par la reine ennemie, en vient à demander la mort qui met fin à la vie. Il n’est pas le premier dans l’Écriture, Moïse déjà s’était plaint au Seigneur de devoir porter tout le poids de ce peuple sans cesse récriminant jusqu’à le prier en disant : « Si c’est cela, tue-moi ! »

La pire mort n’est pas celle qui, finalement, se reconnaît comme naturelle si bien qu’on en dit : « C’est la vie ». Non, c’est celle qui empoisonne tant la vie qu’à la fin elle se dénature, perd son goût de bonheur et fait mentir ses promesses. Cette mort-là, elle se chasse en suivant le conseil de l’Apôtre : « Éliminez toute méchanceté de votre vie ». Voilà ce qu’il faut chasser : amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes ; ou encore : aigreurs, emportements, violence, cris et injures.

Mais comment faire, direz-vous, alors qu’il y a tant de motifs d’éprouver ces mauvais sentiments, tant d’injustices et de raisons de s’indigner contre des malfaisants ! En effet, nous ne sommes pas capables, par nous-mêmes, de nous purifier de ces mouvements. Mais saint Paul nous indique la ressource : « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu qui vous a marqués de son sceau », nous dit-il. Rappelez-vous l’évangile de dimanche dernier : Jésus nous exhortait à croire « en celui que le Père a marqué de son sceau », c’est-à-dire lui-même. Et aujourd’hui il nous affirme : « Il a la vie éternelle, celui qui croit. »

La chasse qui doit nous occuper se fait par la foi et la prière, qui ne sont pas séparables : la prière est la respiration de la foi, et la foi est l’âme de la prière. Par ce moyen, rien ne nous résistera de la méchanceté en tout genre qui met la mort en nos vies. Alors nous comprendrons la parole de Jésus. Car une existence parfaitement purifiée de toute malveillance ne donne aucune prise au mauvais qui est l’auteur de la mort, au point que même la mort sera pour nous vidée de son poison. Jésus ne l’a-t-il pas vaincue sur la croix, lui qui est le Vivant éternel avec le Père dans la communion de l’Esprit, même à l’heure de rendre le dernier soupir, et jusque dans l’obscurité du tombeau et l’ombre du pays des morts ?

Communier, recevoir le Christ dans la foi comme le Pain de vie que nous donne le Père, frères, c’est nous mettre d’accord pour nous engager à vivre avec lui un amour plus fort que tout mauvais mouvement dont nous serions tentés, même contre les plus méchants des hommes. Et la mort disparaît à jamais de cette vie que l’amour a remplie pour toujours.