Samedi 15 août 2015 - Assomption de la Vierge Marie

« Où allez-vous ? » Il vaut mieux savoir répondre à cette question et ne pas tourner le dos à la bonne direction.

Apocalypse 11,19 et 12,1-6.10 - Psaume 44,11-16 - 1 Corinthiens 15,20-27a - Luc 1,39-56
samedi 15 août 2015.
 

L’assomption de la Vierge Marie que nous fêtons aujourd’hui nous donne la réponse à condition que nous en voulions bien.

D’abord, elle nous indique la destination finale qu’elle atteint la première : la gloire de Dieu. Au fait : voulons-nous vraiment aller dans la gloire de Dieu ? Et, surtout, est-ce que nous ne tournons pas le dos à la bonne direction, parfois ?

Justement, Marie ne se contente pas de nous montrer le but en y parvenant aujourd’hui, elle nous indique le chemin chaque jour. En effet, modèle parfait de sainteté, elle nous offre un exemple à suivre en toutes circonstances.

Mais vous me demanderez peut-être en quoi consiste concrètement ce modèle : nous n’avons pas de documents authentiques pour nous décrire son comportement et nous permettre de l’imiter. En particulier, l’évangile ne nous en dit presque rien.

Précisément, l’évangile d’aujourd’hui présente une ressource très précieuse pour comprendre Marie et la recevoir tout à fait comme « hodigitria », ainsi que la qualifient en grec nos frères chrétiens d’Orient, c’est-à-dire « qui montre le chemin ».

Le magnificat n’est pas seulement un texte grandiose bien fait pour inspirer les compositeurs de musique sacrée. Il exprime réellement les sentiments qui habitaient la sainte Mère de Dieu remplie de l’Esprit Saint dans la plénitude de sa foi.

Or, ces sentiments sont essentiellement d’enthousiasme pour l’œuvre de salut de Dieu en faveur de son peuple et de tous les hommes. Marie fut remplie de cette joie tous les jours de sa vie jusqu’au dernier que nous commémorons aujourd’hui, celui où elle a vu face à face le Père éternel de son Fils.

Or, c’est justement par ces sentiments et par la foi qu’ils traduisent que Marie vivait déjà d’avance, chaque jour de sa vie, la béatitude éternelle dans laquelle elle entre aujourd’hui. Ainsi, elle nous montre que le chemin est déjà le but, car son Fils, le Christ, est bien « le chemin, la vérité et la vie ».

En pratique, mes amis, pourquoi ne pas nous rappeler, aussi souvent que nécessaire, cette joie parfaite et indestructible de Marie qu’il nous est donné de partager dans la foi ? Je suis dans l’épreuve ? Rappelle-moi, Seigneur, le salut que tu nous obtiens par la croix.

Je suis dans l’abondance ? Donne-moi de partager largement avec tous mes frères dans la joie de rendre ainsi gloire au Père de tous qui veut donner à chacun ce qu’il lui faut. Je cherche à m’étourdir dans des satisfactions décevantes et toxiques ? Retourne-moi avec Marie vers celui qui vient illuminer nos vies.

Je suis morose et sans goût pour rien ? Restaure en moi l’enthousiasme de Marie, cette joie qui étonne le monde parce qu’elle n’a d’autre cause que Dieu lui-même et le goût merveilleux qu’il donne aux plus simples de ses dons, en sorte qu’il comble le pauvre plus que les rois et les plus riches de la terre.

En effet, Dieu a voulu combler son humble servante en lui donnant d’enfanter le sauveur du monde qui ouvre à tous les hommes les portes du ciel. Allons-y, mes frères, en chantant de tout cœur l’action de grâce de la Vierge Marie dans l’Eucharistie de Jésus Christ.