Dimanche 30 août 2015 - 22e dimanche de l’année B

C’est l’eau qui lave

Deutéronome 4,1-2.6-8 - Psaume 14,1-5 - Jacques 1,17-18.21b-22.27 - Marc 7,1-8.14-15.21-23
dimanche 30 août 2015.
 

Tous les produits lessiviels, paraît-il, ne servent que de catalyseurs : ils favorisent seulement l’action de l’eau dont le pouvoir fait merveille. Encore faut-il que l’eau ne soit pas sale elle-même, sinon comment pourrait-elle laver ? Et qui irait puiser à une source d’où ne sortirait qu’une eau souillée ? Et qui pourrait purifier la source même ?

Jésus, dans l’évangile d’aujourd’hui, nous donne à comprendre que là est tout notre problème. Si c’est du cœur de l’homme que sortent les pensées qui le souillent, nous pourrons bien laver et relaver ce cœur, il se salira lui-même sans cesse à nouveau. Nous aurons beau l’habiller de pieuses actions et de bonnes intentions, nous ne ferons que cacher la corruption, et peut-être même nous l’aggraverons : car sous l’apparence pure, l’impureté ne cessera de se produire, de s’accumuler et de pourrir.

Faut-il dès lors renoncer à combattre les pensées et les actions perverses ? Non, bien sûr ! Nous devons tous nous efforcer d’éviter le mal et de faire le bien. Mais sans nous imaginer pour autant pouvoir réussir par nous-mêmes à éradiquer le péché à la racine de notre âme. C’est pourquoi la Loi de Dieu donnée par Moïse à Israël remplit deux fonctions essentielles et apparemment contradictoires. Elle constitue d’abord une excellente règle de vie, admirable comme telle par les païens eux-mêmes, et faite pour être suivie. Mais, en outre, elle convainc de péché ceux qui la reçoivent justement parce qu’elle est excellente et que ses pratiquants doivent se reconnaître dépassés par sa perfection.

Les pharisiens et les scribes auxquels Jésus s’adresse aujourd’hui, parce qu’ils se refusent à cette reconnaissance, s’enfoncent dans le péché d’orgueil et d’hypocrisie à mesure qu’ils prétendent atteindre la justice parfaite par une observance sans faille. Leur conviction est mensongère et les porte à mépriser le peuple ordinaire qui ploie sous le fardeau des obligations impossibles à satisfaire qu’ils multiplient à plaisir. Ils jugent et condamnent sans miséricorde les pauvres pécheurs, péchant ainsi eux-mêmes radicalement contre la charité qui pourtant résume tous les commandements de Dieu. Alors, offrant un extérieur impressionnant de vertu, ils accumulent les impuretés du cœur pour lesquelles il n’est d’autre remède que le pardon offert par le Seigneur et la grâce du salut qui sanctifie ceux qui reconnaissent leurs fautes.

De même que l’eau pure, pour laver, se charge des impuretés de ce qu’elle lave, de même le Christ, le Saint de Dieu, s’est chargé de nos péchés sur la croix. Et, là, il a fait jaillir de son côté l’eau du baptême où nous trouvons la libération du mal et la sainteté que Dieu donne. C’est cette eau, par la puissance de l’Esprit Saint, qui lave le cœur et le purifie jusqu’à la racine. Tous nos efforts sont nécessaires pour pratiquer la justice qui vient de Dieu, mais ils ne sont que des catalyseurs de son œuvre quand il nous donne la foi au salut par la croix du Christ. Car l’Esprit Saint est donné à ceux qui croient.

Quand nous mangeons la chair du Fils de Dieu, cette chair qu’il a prise de notre humanité, n’oublions pas qu’elle ne nous sauve que par la divinité qui y demeure en plénitude. Car la chair ne peut rien, c’est l’Esprit qui vivifie.