Dimanche 27 septembre 2015 - 26e dimanche de l’année B

Cela vous coûte un œil

Nombres 11,25-29 - Psaume 18,8.10.12-14 - Jacques 5,1-6 - Marc 9,38-43.45.47-48
dimanche 27 septembre 2015.
 

Façon de parler, bien sûr. L’intérêt de l’expression est dans sa relativité : le juste prix objectif d’un objet à lui seul ne dit pas ce qu’il représente pour chacun. Une bonne paire de lunettes correctrices coûte les yeux de la tête pour vous ou moi. Mais pour un milliardaire, c’est une cacahuète.

Alors, pour Dieu qui est infiniment riche, puisque tout lui appartient, un malheureux petit être devrait n’être rien. Or, c’est le contraire : le pauvre que le riche achète pour une paire de sandales a du prix aux yeux de Dieu, car il l’aime. Disant cela, je cite les prophètes Amos et Isaïe qui, avant saint Jacques, dénoncent la violence des puissants et les tance en faveur des faibles et des fragiles.

Dans l’évangile, de même, le Christ nous interroge gravement : quel prix ont pour nous les petits que nous traitons sans ménagement ? Imprudent, celui qui manque d’égard aux faibles : sait-il qu’il pourrait le payer de sa propre vie ? Que même il vaudrait mieux pour lui être englouti que d’en avoir scandalisé un seul ?

C’est pourquoi l’image du pied que l’on coupe ou de l’œil qu’on arrache a aussi un sens figuré : il peut s’agir d’un membre important de la communauté, mais dont la conduite ou les propos blessent les autres, surtout les plus « innocents ». Même s’il en coûte gros, il faudra alors se séparer de ce membre pour préserver la vie de l’Église. En espérant pour lui qu’il se rende compte de ses erreurs et qu’il se convertisse.

L’esprit du monde établit des hiérarchies d’argent, de pouvoir et d’honneur, et ceux qui dominent les autres s’occupent surtout de justifier leur position et de la garder. Mais l’Esprit de Dieu veut se répandre sur tous ses enfants et les combler de la véritable richesse que rien ne pourra corrompre ni dérober : la communion avec le Christ dans l’amour de Dieu et du prochain. Rendons grâce pour ce bonheur qui n’a pas de prix, car il a coûté la vie du Fils de Dieu.