Dimanche 29 novembre 2015 - 1er dimanche de l’Avent, Année C

Si tu savais ce qui t’attend !

Jérémie 33,14-16 - Psaume 24,4-5.8-10.14 - 1 Thessaloniciens 3,12 à 4,2 - Luc 21,25-28.34-36
dimanche 29 novembre 2015.
 

Comment, à cet exorde, ne pas pressentir une menace ? Pour un petit billet, chacun peut se faire prédire chaque jour la bonne aventure, forcément bonne. Mais les déclarations solennelles et non sollicitées sont rarement rassurantes. Pour Israël et ses prophètes, il en allait ainsi. Les faux envoyés du Seigneur débitaient à longueur de journée leurs fallacieuses promesses de réussite au roi qui les gavait à sa table. Les candidats ne manquaient pas pour cet office. En revanche, ce n’est pas sans réticences que l’homme de Dieu se levait pour lancer ses graves avertissements à la face du peuple et de ses chefs, car il en payait le prix en sa personne.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus assume le rôle ingrat de prophète de malheur. Pourtant, les lectures commençaient plutôt bien, avec « la parole de bonheur » confirmée par la bouche de Jérémie : notons ici que ce prophète n’est donc pas toujours l’homme des idées noires et des lamentations que l’on se plaît à railler et mal aimer.

En fait, Dieu ne cesse d’appeler son peuple et ses chefs à suivre le chemin du bien qui mène à la vie et au bonheur promis, et de l’avertir que, s’il persévère dans ses voies de mort et de méfaits, il doit s’attendre à en subir les conséquences. Aujourd’hui encore, par la voix du pape François, il nous affirme que les désordres climatiques qui menacent notre survie sont liés aux désordres humains que nous causons par l’injustice de notre conduite.

De même, nous devons nous interroger sur le rapport qu’il peut exister entre le terrorisme qui nous frappe et la vacuité spirituelle de nos sociétés marquées par une dégradation religieuse généralisée. Les « valeurs » auxquelles nous tenons tant s’illustrent-elles vraiment dans la liberté de boire et d’écouter de la musique, où, quand et comme cela nous plaît ? Est-ce pour cela que nous partons en « guerre » ? Et qui offrira sa vie pour préserver le confort dans lequel nous mettons notre fierté et notre confiance, et qui excite tant de convoitises extérieures ?

Quand la moitié de nos contemporains se débattent dans les crises politiques et sociales les plus graves, quand tant de pauvres sont menacés dans leurs droits humains les plus élémentaires, allons-nous déclarer que c’est leur problème ? Pensons-nous que notre indifférence, que nous croyons justifiée par nos propres ivresses et soucis de la vie qui nous occupent à plein temps, ne finira pas par nous retomber sur la tête ? Si nous ne changeons pas nos modes de vie, c’est une sorte de déluge qui nous attend, et bientôt. « Au temps de Noé, on mangeait, on buvait, on se mariait, on faisait des affaires, jusqu’au jour où les eaux les ont tous engloutis. »

La fin du monde verra le Seigneur venir avec gloire et puissance. Cette parole est sûre, malheureux qui en doute ! En ce jour-là, Dieu rendra à chacun selon ce qu’il a fait. Alors il établira son règne sans fin de justice et de paix : nous l’avons chanté dimanche dernier, l’aurions-nous oublié dans la semaine ? Et que dira en ce jour celui qui aura passé sa vie à garder son pré carré de riche tenant le monde pour les riches ? Relèvera-t-il la tête devant le Christ pour le braver, lui qui a donné sa vie sur la croix pour que l’Évangile soit annoncé aux pauvres ? Insensé qui méprise cette perspective et tient pour rien la parole des prophètes.

Pour paraître debout devant le Fils de l’homme, relevons maintenant la tête de nos préoccupations égoïstes et orgueilleuses. Convertissons-nous et prions avec ardeur celui qui peut pardonner à chacun et changer le cours de l’histoire pour les hommes qui mettent leur confiance en lui. Faisons-le venir maintenant pour notre joie, celui qui viendra sûrement, car il est l’Amour qui nous attend à la fin des temps. Laissons-le nous compter aujourd’hui au nombre des bénis de son Père auxquels il donnera le bonheur sans fin.