Nuit du Jeudi 24 au Vendredi 25 décembre 2015 - Nuit de Noël

Un œuf de Colomb, quel beau cadeau !

Isaïe 9,1-6 - Psaume 95,1-3.11-13 - Tite 2,11-14 - Luc 2,1-14
vendredi 25 décembre 2015.
 

Une idée simple et géniale : l’intuition magnifique paraissant évidente après coup et que personne pourtant n’avait eue auparavant. Voilà ce que désigne l’expression. Pourquoi ? L’explication courante est aussi incertaine que décevante. Peu importe. L’appellation est agréable et la réalité plus encore : ceux qui trouvent un « œuf de Colomb » dans leur soulier à Noël sont ravis, et ceux qui l’ont déniché peut-être davantage !

Et dans cette catégorie, voulez-vous que je vous dise qui remporte le premier prix ? C’est le Bon Dieu en personne qui, cette nuit, nous offre le « signe de l’enfant ». Un nouveau-né près de sa mère, quoi de plus simple et de plus génial pour nous dire l’amour sauveur de notre Père éternel ? Toute la religion chrétienne est là, mes amis, et jamais aucune autre tradition n’en eut l’ombre d’une intuition.

Mais, il ne suffit pas que l’idée paraisse lumineuse au premier regard, encore faut-il qu’elle tienne la distance. Beaucoup de propositions époustouflantes se dégonflent rapidement à l’épreuve : elles se révèlent de fausses bonnes idées. Alors on se dit l’un à l’autre : « C’était trop beau ». Tous ceux qui passent devant la crèche en ces jours de la Nativité et s’en vont pour l’année vaquer à leurs occupations comme si de rien n’était n’ont-ils pas l’air de se dire « C’était trop beau » ?

Pourtant, le signe de Noël ne fut pas un instant perdu car Jésus l’a porté jusqu’au bout. Dans sa faiblesse de tout-petit, il est allé jusqu’à la mort de la croix où le regard moqueur de ses meurtriers l’a payé du sourire qu’il rendait à ceux qui l’adoraient. Le corps que Marie a langé cette nuit s’est laissé servir par ses disciples chéris jusqu’au jour où ils l’enveloppèrent pour le déposer dans l’obscurité du tombeau. Né dans une mangeoire, il s’est offert à la mort pour, ressuscité, se donner à cet autel en nourriture de vie éternelle. Conçu de l’Esprit Saint, il est devenu par son sacrifice la source inépuisable de l’Esprit pour tous ceux qui croiront en lui.

Non, mes amis, Noël ne déçoit pas ceux qui y croient. Bien sûr, la pensée d’affronter la vie réelle en fidélité à ce moment de grâce et de fragilité nous fait peur. Comment supporter ce monde dur et obscur avec pour seule cuirasse cette faiblesse désarmante ? Comment se lancer dans de grands projets et bâtir des œuvres solides quand on n’a que l’amour pour loi de son agir ? Impossible, n’est-ce pas ? Pour nous, oui, mais pas pour le Dieu qu’il est : il l’a amplement prouvé. Et il n’est plus impossible pour nous dès lors que nous recevons Jésus pour frère et compagnon de notre existence quotidienne.

En voulez-vous, de ce petit frère ? Il nous est offert comme le plus beau et le plus invraisemblablement simple des cadeaux. Le Fils de Dieu tout nouveau et tout chaud comme un œuf frais pondu, comme une colombe juste éclose au monde soudain purifié par la grâce de sa naissance inouïe. Prenez-le dans vos bras, ouvrez-lui votre maison, gardez-le au cœur toujours présent et vous verrez changer la terre à la clarté de son regard nouveau-né. Et le Dieu de la paix sera avec vous sur tous vos chemins.