Dimanche 10 janvier 2016 - Baptême du Seigneur Année C - « Fête des baptisés »

Et toi, que veux-tu faire plus tard ?

Isaïe 40,1-5.9-11 - Psaume 103,1-4.24.25.27-30 - Tite 2,11-14 et 3,4-7 - Luc 3,15-16.21-22
dimanche 10 janvier 2016.
 

Certains sont trop petits pour répondre à la question. D’autres s’estiment trop grands. Les enfants veulent être aimés. Alors ils font tout ce qu’ils peuvent pour plaire à leurs parents. Mais parfois ils n’y arrivent pas, ou ils se trompent. Heureusement, leurs parents les aiment. C’est pourquoi ils sont indulgents. En plus, ils apprécient leur créativité et leur originalité. Donc ils ne les enferment pas dans un carcan d’interdictions et d’obligations liées à leurs propres attentes. Et vous croyez que notre Père du ciel n’est pas capable au moins de la même délicatesse avec ses enfants de la terre ? N’est-il pas miséricordieux ?

Père, il l’est. Preuve en est que la voix du ciel déclare : « Tu es mon Fils ! » Vous me direz que cela marcherait aussi si Dieu était Mère. Or, justement, « miséricorde », qui recouvre l’indulgence et son motif, vient en hébreu du mot qui signifie « matrice ». C’est pourquoi le pape François nous dit que Dieu assume aussi la tendresse maternelle. En somme, Dieu est « parent », pour de bon, et ne saurait donc nous traiter moins bien que les meilleurs de nos pères et mères. Par exemple : cela lui fait-il plaisir que ses enfants soient malheureux ? Va-t-il leur imposer un carcan d’interdictions et d’obligations qu’il leur est impossible d’observer ? Non, mille fois non !

Pourquoi le voyons-nous toujours comme un censeur et un juge sourcilleux qui ne cesse de traquer les écarts dans notre conduite avec une règle implacable ? Pourquoi cherchons-nous sans cesse à deviner un chemin qu’il voudrait nous imposer entre tous ? N’aime-t-il pas notre créativité et notre originalité ? Ne se réjouit-il pas de nous voir prendre librement des directions nouvelles et inattendues ?

Bien sûr, nous sommes pécheurs. De cela, il ne se réjouit pas. Le péché est ce qui ne lui plaît pas. Mais il sait combien nous sommes fragiles et faillibles. C’est pourquoi il a envoyé son Fils prendre sur lui nos fautes et nos révoltes, avec nos peines et nos souffrances, pour nous en libérer. Tout ce qu’il nous demande est de le reconnaître humblement et d’accepter sa grâce : c’est que signifie le baptême du Seigneur. Pour que nous ne y trompions pas, la voix du ciel précise : « En toi je trouve ma joie ». En fait, littéralement, c’est : « En toi je trouve tout bien ». Autrement dit, Jésus ne fait rien de ce qui déplaît à son Père - il ne pèche pas -, et même tout ce qu’il fait recueille son approbation.

Pour nous qui sommes pécheurs, vouloir nous justifier par nous-mêmes, c’est tenter le bras de fer avec le diable ; et bien sûr le perdre, car il est plus fort que nous. Mais si nous croyons que le Christ est le plus fort et que nous nous confions à lui, alors, non seulement il nous pardonne, mais il nous donne l’Esprit Saint pour nous sanctifier et faire reculer le péché dans notre vie de manière merveilleuse. Voilà comment nous pouvons recevoir la paix, soulagés de nos impératifs de réussite ou de perfection, la gloire de notre Père et la nôtre, par notre joie de vivre tout simplement, et le bonheur d’être ainsi aimés tels que nous sommes.

Voilà la voie inespérée de l’Évangile. Pourquoi ne pas la prendre, puisqu’elle nous est offerte par le baptême dans sa mort et sa résurrection ? Entrons donc dans les chemins de la Miséricorde. Que nous soyons parents ou pas, cessons d’être les uns pour les autres des juges sourcilleux et des maîtres tyranniques. Supportons-nous de tout notre cœur, pardonnons-nous avec générosité, aimons la créativité et l’originalité de nos semblables. Que chacun contribue selon sa grâce à la joie et au bonheur de tous. Voilà ce qui plaît à Dieu, selon l’exemple que nous a donné son Fils qui s’est fait homme pour que nous devenions fils et filles de Dieu.

N’attendons pas plus tard, frères et sœurs petits et grands, pour suivre Jésus, devenir ainsi les enfants de notre Père miséricordieux, et lui en rendre grâces dans l’Eucharistie.