Dimanche 24 janvier 2016 - 3e Dimanche Année C

Quel bon usage faites-vous de votre argent ?

Néhémie 8,1-4a.5-6.8-10 - Psaume 18,8-10.15 - 1 Corinthiens 12,12-30 - Luc 1,1-4 et 4,14-21
dimanche 24 janvier 2016.
 

Pour les nécessités premières de la vie : se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner, s’instruire, mettez-vous le prix qu’il faut ? Et pour vos loisirs ? Et pour le superflu qui fait du bien ? Et pour une juste épargne ? Évitez-vous aussi bien l’avarice que le gaspillage ? Enfin, quelle part faites-vous au don, au bout du compte, dans votre budget ? Beaucoup trouvent qu’ils n’ont pas assez d’argent. Raison de plus pour faire bien attention à son usage. D’autres en ont plein, d’argent. Ils feraient bien aussi de réfléchir à ce qu’ils en font.

Et quel bon usage faites-vous de votre temps ? Le temps, c’est de l’argent, dit-on. Consacrez-vous ce qu’il faut au nécessaire et au superflu, évitez-vous l’avarice comme le gaspillage, savez-vous faire la part du don dans votre temps ? Êtes-vous de ceux qui manquent de temps tout le temps, ou bien de ceux qui ne savent pas quoi en faire ? Dans un cas comme dans l’autre, il vaut la peine de réfléchir au bon usage du temps dont on dispose.

Et maintenant, que faites-vous de la parole ? Il faut bien parler aux commerçants, aux voisins, aux familiers, pour les nécessités de la compréhension. Et puis il y a l’art de la conversation, le bavardage, voire le moulin à paroles. D’autres sont taciturnes, voire avares de paroles. Enfin, il est de ces mots qui font un bien fou à ceux à qui on a pris la peine de les dire. Et Dieu sait que ce don vaut la peine !

Parce que Dieu a pris la peine de nous adresser la Parole, au prix de la vie de son Fils bien-aimé, le Verbe éternel. Et là se situe ma question décisive : quel bon usage faites-vous de la Parole que Dieu a pris la peine de vous adresser ? Savez-vous qu’elle peut vous réconforter et vous consoler, vous instruire et vous guider, vous relever et vous libérer, vous combler et vous glorifier ? Vous venez l’entendre à la messe : bravo ! Mais la gardez-vous au cœur pour vous la répéter tout au long des jours de la semaine ?

Cela ne vous coûte pourtant rien, même pas de temps. Nous disons que nous n’avons pas le temps de prier, mais il suffit d’ouvrir son cœur à chaque instant ! Nous perdons tant de temps à ne rien penser, ou bien à ruminer et ressasser des pensées qui ne nous font pas de bien. Il serait si simple d’accueillir alors un Notre Père ou un Je vous salue Marie et de le laisser se dire en soi, sans effort et sans peine ; et d’y ajouter la mémoire d’un mot ou deux de l’Évangile ou de l’Écriture. Sans peine, mais avec quel profit !

Saint Luc est l’évangéliste de la Parole, nous venons de l’entendre, et de la prière. C’est lui aussi qui se montre particulièrement attentif à la prière, aux femmes, aux riches et aux pauvres. Selon lui, tout se joue dans la réponse de foi à la parole prophétique entendue. Et pour lui, l’usage des possessions, de l’argent, en somme, est le critère de l’acceptation de la Parole. Nul mieux que lui ne nous dit la paix, la joie, la respiration profonde et le bonheur qu’il y a à croire à l’accomplissement des paroles qui nous sont dites de la part du Seigneur, comme la Vierge Marie nous en donne l’exemple merveilleux.

Alors, n’attendons plus, cessons de gaspiller le temps, l’argent et la salive : faisons bon usage de cette Parole que nous avons entendue, et c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplira pour nous dans l’Eucharistie de Jésus Christ.