Nuit de Pâques 26/27 mars 2016 - La Résurrection du Seigneur - Année C - Baptême, confirmation et première communion de douze adultes

Heureuse faiblesse où naquit une telle force !

Genèse 1,1-2,2 - Psaume 103,1-2.5-6.10.12-14.24.35 - Genèse 22,1-18 - Psaume 15,5.8-10.1b.11 - Exode 14,15-15,1 - Cantique Exode 15,2-6.10.11.17 - Isaïe 54,5-14 - Psaume 29,3-6.12-13 - Isaïe 55,1-11 - Cantique Isaïe 12,2-6 - Baruch 3,9-15.32-4,4 - Psaume 50,12-15.18-19 - Ézéchiel 36,16-28 - Psaume 18,8-11 - Romains 6,3b-11 - Psaume 117,1-2.16-17.22-23 - Luc 24,1-12
dimanche 27 mars 2016.
 

Présentation des lectures de la veillée

1. Dès le commencement, le signe de la semence annonce le passage par la mort pour le don de la vie

2. Isaac sera comme le grain semé en terre appelé à ressurgir à la vie, c’est pourquoi Dieu demande à Abraham de le « faire monter » en holocauste sur sa montagne.

3. Nous sommes choqués par la mort des Égyptiens dans la mer. Mais la foi qu’ils témoignent dans leur effroi change leur engloutissement en prophétie du baptême.

4. Qui sème la fidélité récoltera la réconciliation comme une vie d’amour redonnée par grâce.

5. Qui sème la vérité récoltera la droiture retrouvée et le bonheur dans l’abondance.

6. Celui qui a semé la Sagesse viendra récolter la foi des enfants retrouvés.

7. Il viendra, le temps de toutes les récoltes, au Jour de l’Alliance renouvelée.

Homélie

Heureuse faiblesse où naquit une telle force !

La semence est petite et fragile. Mais elle porte le déploiement d’une vie entière en puissance. L’humanité, non seulement fut créée dans la faiblesse de la chair, mais elle tomba au pouvoir du péché, y entraînant la Création tout entière. Le bois crucifié sur la chair du seigneur, je vous le disais hier, la représente : le Christ y a épousé l’humanité en se chargeant de ses souffrances, car il l’a aimée dans sa faiblesse. Son sang versé du sacrifice l’a lavée de la faute, la changeant en l’Église, Épouse pure et chaste à qui il confie de donner la vie nouvelle à chacun des enfants des hommes.

Cette Église, frères, reste toujours à purifier. Elle se présente sans cesse au regard des hommes dans sa faiblesse et la honte du péché réitéré de ses fils. Mais le Christ ne cesse de la couvrir de son amour vainqueur de tout mal. Sa résurrection cette nuit déploie toute sa puissance de sainteté par le pardon qui régénère et relève chaque jour ceux qui l’accueillent dans la foi. C’est pourquoi il est juste que les femmes soient aux places d’honneur dans l’évangile de cette nuit, par la constance de leur attachement à celui qui fut crucifié et par la grâce qui leur fut faite de le découvrir ressuscité dès le commencement de sa vie nouvelle.

Chers amis catéchumènes, vous n’allez pas quitter ce monde et son histoire tragique dans un instant. Mais vous serez reçus dans le Corps que l’Esprit Saint ne cesse d’irriguer de sa sève divine. Vous allez recevoir le baptême de l’eau et de l’Esprit. L’eau représente la faiblesse et la contingence de votre condition humaine ; mais elle est aussi, dans sa beauté et sa pureté, le signe que Dieu l’a aimée jusqu’à l’épouser pour l’éternité. Et l’Esprit, l’Esprit Saint, que vous recevrez dans la Confirmation, est la force qui vous sera donnée pour marcher dans la fidélité.

C’est l’Église qui vous enfante d’En-Haut cette nuit, à la vie du Christ ressuscité. C’est elle qui reçoit l’Esprit Saint qui demeure sur le Fils pour le répandre sur vous afin que vous en soyez fortifiés. C’est elle qui va vous nourrir du Corps et du Sang du Christ donné pour que le monde ait la vie. Elle est la matrice toujours nécessaire. Elle est aimée de Dieu dans sa faiblesse. Et la résurrection est toujours une faiblesse relevée et comblée du don de Dieu, depuis celle du Seigneur qui fut crucifié dans sa faiblesse et ressuscité dans la force de l’Esprit.

Aimez-la donc toujours, cette Église qui devient votre mère pour la nouvelle naissance d’En-Haut. Ne la méprisez jamais quand elle vous apparaîtra dans ses faiblesses, et même ses petitesses. Rappelez-vous sans cesse que le Christ l’a aimée jusqu’à donner sa vie pour elle. Soyez-lui fidèles par fidélité à l’amour du Seigneur. Et apprenez, de cet amour pour l’Église, à aimer de même tous les hommes malgré tout ce qui les défigure, puisque Dieu n’a pas voulu les abandonner. Ne méprisez personne, mais priez pour tous !

« Heureuse faute qui nous valut un tel Sauveur ! » dit l’Exsultet dans son enthousiasme débordant. Heureuse faiblesse - « en elle est ma force », dit l’Apôtre dans un raccourci saisissant - car elle a sur le cœur de Dieu le pouvoir immense d’être aimée de lui pour l’éternité.