Dimanche 27 mars 2016 - Jour de Pâques - La Résurrection du Seigneur

Il est temps de revenir aux bonnes vieilles recettes

Actes 10,34a.37-43 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Corinthiens 5,6-8 - Jean 20,1-9
dimanche 27 mars 2016.
 

La tendance chez les bobos est aux légumes anciens et bizarres. Encore faut-il savoir les cuisiner et, pour cela, retrouver le savoir-faire des anciens à qui ils étaient familiers. Mais la mode rétro ne s’arrête pas à la gastronomie : elle s’étend aussi à la spiritualité.

Est-ce à cela que nous devons l’église archi-comble d’aujourd’hui ? Non : le retour de la question de Dieu et de la transcendance porte les revenants à des sources plus vagues et moins consistantes. Vous, les pratiquants occasionnels qui formez une partie de notre assemblée aujourd’hui, vous êtes plutôt de ceux qui sont restés un peu attachés à la tradition, n’est-ce pas ?

Parmi vous, et parmi les autres aussi, se rencontrent des fidèles inquiets de ne pas l’être assez, fidèles. Il se trouvent aussi des gens « de l’extérieur » pour se plaindre de ne pas avoir la foi : puisque c’est un don, pourquoi ne leur est-elle pas donnée, à eux ? Or, là aussi, frères et sœurs, il faut revenir aux bonnes vieilles recettes.

Le Ressuscité ne se trouve pas dans le tombeau où l’on doit pourtant entrer pour en constater le vide, et le vide aussi des linges tombés à plat. De même qu’il faut avoir un creux pour goûter les meilleurs plats - car sans appétit, rien n’est bon -, de même le vide du tombeau est-il le signe du désir de croire sans lequel personne ne peut accueillir la foi.

Quant au « suaire qui était sur sa tête », il évoque l’Écriture sainte et la tradition d’interprétation du « voile qui couvrait la tête de Moïse » selon laquelle le sens profond de la Révélation reste caché tant que la lumière du Ressuscité ne vient dissiper ce qui l’obscurcit. C’est pourquoi l’évangéliste conclut : « Jusque-là les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Ainsi, le chemin de la foi est de venir à l’Église recevoir la nourriture de vie éternelle qu’est la parole de Dieu jusqu’à la manger en communion en la personne du Verbe fait chair. Bien sûr, avec le désir, justement, de recevoir ainsi la foi. Ce désir est déjà la foi en puissance et, pour qui l’a déjà reçue, il se renouvelle sans cesse afin d’être comblé toujours à nouveau « de commencement en commencement ».

C’est pourquoi vous êtes attendus à la messe tous les dimanches. Peut-être en aviez-vous perdu l’habitude. Mais il est temps de revenir aux bonnes vieilles coutumes, avec un désir grandi. Alors, chers amis, je compte sur vous pour que nous nous retrouvions tous ici dimanche prochain, n’est-ce pas !