Dimanche 17 avril 2016 - Quatrième dimanche de Pâques - Année C

Manger plus pour travailler plus

Actes 13,14.43-52 - Psaume 99,1-2.3.5 - Apocalypse 7,9.14b-17 - Jean 10,27-30
dimanche 17 avril 2016.
 

Slogan politique ? Pas à ma connaissance, mais plutôt un principe que j’ai vu jadis mis en œuvre en faisant les vendanges du côté de Nîmes. Parmi nous autres étudiants adonnés à ce job d’été, une frêle jeune fille s’attirait ainsi le dédain du vigneron par son trop petit appétit qui lui donnait la certitude de son inaptitude. Sans doute voit-on certains gloutons ne pas rendre en efficacité ce qu’ils convertissent plutôt en mauvaise graisse. En revanche, il est rare en effet que les ardents travailleurs ne se montrent pas aussi gros mangeurs.

Un rapport semblable s’observe en matière d’aliments spirituels et de labeur religieux. Certains, dit-on, se gavent de lectures édifiantes, de pèlerinages et de démarches pieuses sans que leur conduite habituelle ne semble produire d’abondants fruits de conversion. Mais, dans l’autre sens, il ne se rencontre guère de fidèles repérables à leur foi agissant par la charité qui ne se nourrissent fréquemment et largement à la table du Seigneur, et qui ne boivent à grands traits à la source de toutes grâces.

Le Bon Pasteur que nous célébrons aujourd’hui pourvoit à tous nos besoins et nous garde fidèlement, si seulement nous acceptons ses dons et ne fuyons pas sa protection. Il est venu, nous dit-il, pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. Or le vivant bouge et agit, il s’efforce de rayonner et transmettre la vie qu’il a reçue. Ne croyons donc pas qu’une quelconque oisiveté, même parée de mouvements ostentatoires et de soupirs vers le ciel, puisse constituer une réponse adéquate à l’appel du Prince des vivants.

Ainsi, frères et sœurs, ayons faim et soif de ce qui vient de la main du Bon Berger de nos âmes, mais aussi un grand désir de lui faire honneur par la beauté et l’abondance de nos œuvres à la gloire de son Père. Nourrissons-nous de grand appétit en vue du labeur qu’il nous est donné d’accomplir. Ne rendons pas vaine la peine qu’il a prise pour nous arracher au pouvoir de l’ennemi et nous établir dans sa bienheureuse bergerie.

Lui qui est UN avec le Père n’a pas jugé préférable de demeurer dans la jouissance de sa divinité, mais il s’est anéanti dans notre condition humaine pour se montrer obéissant jusqu’à la mort de la croix. Nous, de même, n’allons pas croire convenable de rester inertes dans cette même unité où il nous accueille, mais donnons-nous généreusement nous-mêmes au service de son dessein d’amour qui est de sauver tous nos frères humains égarés : ce sont des brebis qu’il veut ramener à lui, et il nous confie le soin d’accomplir cette œuvre de sa grâce. Prenons notre part de la mission, à l’exemple de Paul et Barnabé prêchant à leurs frères Juifs, puis se tournant vers les nations païennes.

Laissons-nous donc combler de la Parole et mangeons hardiment le pain de Vie, non pour notre seul plaisir, mais afin de travailler plus ardemment à la Vigne du Seigneur.