Dimanche 1er mai 2016 - Sixième dimanche de Pâques - Année C

J’ai du monde à la maison

Actes 15,1-2.22-29 - Psaume 66,2-3.5.7-8 - Apocalypse 21,10-14.22-23 - Jean 14,23-29
dimanche 1er mai 2016.
 

Sur quel ton cette phrase se dit-elle : avec un peu de souci, peut-être, d’inquiétude ou de préoccupation ? D’occupation, en tout cas, bien sûr, mais sans doute aussi de joie plus forte que tout ce qu’il en coûte, du moins faut-il l’espérer.

Qu’y a-t-il de plus triste en effet, que de n’avoir personne, d’être seul et sans emploi ? Surchargée de travail, la vie peut peser et sembler amère, mais pas tant que dans ces moments où l’âme éprouve la douleur de l’inutilité, de l’abandon et de l’impuissance.

Quelle heureuse perspective, donc, que celle ouverte par l’Évangile d’aujourd’hui où Jésus nous promet de venir avec le Père se faire une demeure en nous. La condition est de l’aimer et de garder sa parole. Ne l’aimons-nous pas, mes amis ? Et ne voulons-nous pas garder en nous cette parole vive entendue aujourd’hui ?

Alors prenons-le comme un fait : chacun de nous a, plus que du monde chez lui : le Père et le Fils en personnes comme hôtes intérieurs. Et nous ne ferions pas attention à leur présence ? Comment dire encore : « Je suis seul » ? Comment ne pas nous tourner vers ces merveilleux habitants de notre maison du cœur pour chercher auprès d’eux réconfort, conseil, force et joie ?

Si nous ne développons pas cette attention à la réalité de Dieu demeurant en nous, c’est peut-être aussi parce que nous préférons ne pas y penser pour mieux continuer à pratiquer nos petites vilenies ordinaires. Parce que, quand il y a du monde à la maison, on se tient mieux, bien obligé !

Mais c’est un mauvais calcul, doublement. D’abord, il y a beaucoup plus à gagner qu’à perdre dans une relation plus étroite avec nos divins hôtes. Ensuite, en fait, il n’y a rien à perdre qui vaille. Il est miséricordieux, le Seigneur qui vient faire sa demeure dans le pécheur sans attendre qu’il soit tout à fait sanctifié. Il sait nos difficultés et ne veut pas nous accabler.

Alors ne craignez pas de vous tourner vers la demeure que Père et le Fils se sont faites en vous. Vous y trouverez la paix et la joie en toute circonstance, malgré les alertes et les tourments extérieurs. Et vos moments de bonheur seront bénis aussi par Dieu qui répond bien vite à votre amour selon la promesse vivante de sa parole.

Quel bonheur d’avoir en soi la demeure de la Trinité, dès maintenant et au-delà des vicissitudes de ce monde !