Dimanche 8 mai 2016 - Septième dimanche de Pâques - Année C

Appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit

Actes 7,55-60 - Psaume 96,1-2.6-7.9 - Apocalypse 22,12-14.16-20 - Jean 17,20-26
dimanche 8 mai 2016.
 

Une offre si généreuse, nous aurions garde d’en abuser. Si elle est sincère, ce serait indélicat, si elle n’est que formelle, ce serait maladroit. Avant d’y recourir, donc, nous pèserons soigneusement l’urgence et l’importance d’une requête éventuelle. Mais si la nécessité nous presse vraiment, nous ne réfléchirons pas longtemps : nous appellerons !

C’est pourquoi Jésus nous donne en exemple l’importun à qui il faut trois pains pour restaurer un ami de passage et qui toque à la porte du voisin en pleine nuit. Et aussi un enfant qui demande un œuf ou un poisson à son père. Ce n’est pas dans l’évangile d’aujourd’hui mais au chapitre 11 de saint Luc, à la suite du Notre Père. Et il conclut : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Que faut-il comprendre, sinon que tout don de Dieu est consenti par l’Esprit-Saint qui, de plus, se donne lui-même de quelque façon dans les biens qu’il nous consent ? Voilà qui devrait nous faire réfléchir à la façon dont nous formons nos prières de demande en général, et nos demandes de l’Esprit Saint en particulier.

Parfois, il pourrait sembler que l’appel à l’Esprit Saint se résume aux épiclèses liturgiques prescrites prononcées par le célébrant des sacrements, et à une formalité annuelle que nous exécutons à l’occasion de la Pentecôte. Si nous nous en tenions à cela, nous ferions de l’offre du Seigneur une proposition formelle, ou « de politesse », ce qui serait bien méconnaître le Père tout-puissant qu’il est. Que faire, alors ? Plutôt que de multiplier les appels explicites du genre « Viens Esprit Saint » en toute occasion, nous devrions prendre constamment en considération ce Donateur qui s’offre en chacun de ses dons chaque fois que nous demandons quoi que ce soit. Ainsi notre prière serait purifiée et affermie, et sûrement exaucée de la meilleure façon que Dieu connaît, non sans qu’il en résulte un grand progrès spirituel pour nous.

Dieu veuille que ce progrès soit en particulier le creusement en nous d’un grand désir de l’unité pour laquelle Jésus a prié à la veille de sa passion, comme nous venons de l’entendre dans l’évangile aujourd’hui. Unité des tous les disciples dans la foi pure de l’Église, dans l’espérance ardente de la venue du Seigneur en gloire, et dans l’amour fraternel qui nous met de tout cœur au service les uns des autres jusqu’à donner notre vie à la suite du Seigneur.

En somme, mes frères, chaque fois que nous désirons quelque chose, voyons si, au regard de Dieu, c’est vraiment un bien et si nous en avons vraiment besoin. Si oui, même pour la plus minime requête, n’hésitons pas à la formuler auprès du Père, au nom du Fils ressuscité et glorifié qui intercède pour nous, et dans l’action de grâce pour l’Esprit Saint qui est leur unité et leur communion d’amour. C’est dans cette communion qu’ils veulent nous accueillir. En l’acceptant, nous honorerons avec délicatesse et une humble assurance filiale l’offre merveilleuse qui nous est faite par la grâce du sacrifice du Christ, et que nous pouvons entendre ainsi : « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi, je vous donnerai l’Esprit Saint ! »