Dimanche 22 mai 2016 - Sainte Trinité Année C

Douce maman, Dieu tout-puissant

Proverbes 8,22-31 - Psaume 8,4-9 - Romains 5,1-5 - Jean 16,12-15
dimanche 22 mai 2016.
 

Qu’y a-t-il de commun entre ces deux expressions ? Toutes deux sont des tautologies, des pléonasmes. En effet, quelle maman ne représente pas la douceur même pour son enfant ? Quant à un Dieu qui ne serait pas tout-puissant, il ne serait pas Dieu.

Bien sûr, il est des choses que Dieu ne « peut » pas. Il ne peut ni se tromper ni nous tromper, par exemple. Mais, en fait, c’est qu’il ne veut pas : il ne veut rien d’injuste ou de mauvais, rien de contraire à sa nature de Dieu Amour. En somme, Dieu ne veut pas n’importe quoi, mais il peut tout ce qu’il veut.

Or, il lui a plu de se rendre impuissant. En la personne de son Fils qui partage éternellement tout avec lui, il s’est fait homme, avec la faiblesse et la fragilité de notre nature. Nul être au monde ne pouvait imposer à Dieu quoi que ce soit ni limiter son pouvoir si peu que ce soit. Il fallait être Dieu pour réduire Dieu à l’impuissance.

Jésus, le Fils de Dieu, a subi toutes les contraintes de notre nature jusqu’à la souffrance et la mort. Il l’a fait par amour pour nous et pour notre salut. Mais sa Passion eut pour cause le péché qui nous avait pris en son pouvoir et auquel il nous a arrachés au prix de son sacrifice. Tandis que son Incarnation, disent certains auteurs de bon aloi, aurait eu lieu de toute façon. Autrement dit, c’est par pur désir d’épouser notre humanité qu’il s’est fait homme.

S’il en est ainsi, nous voyons que Dieu nous a, par ce fait même, révélé que la faiblesse et la fragilité ne sont pas indignes, puisqu’il ne les a pas trouvées indignes de lui. Jésus fut faible et fragile, et parfaitement saint et juste. Dans sa condition humaine, il rendait toute gloire à Dieu son Père. C’est pourquoi nous pouvons dire maintenant que l’homme faible rend gloire à Dieu.

Certes, Jésus a parlé comme aucun homme et réalisé des merveilles que l’on n’avait jamais vues. Mais, toutes ces œuvres lui furent données par le Père et accomplies par la puissance de l’Esprit. C’est ainsi que Jésus nous révèle la Sainte Trinité par sa vie même. Et cette révélation est immédiatement une invitation à entrer dans le mystère en prenant la place du Fils. Sauf qu’en réalité, c’est plutôt le Fils qui prend la place en nous par la grâce du baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Le nom du Père ne doit pas s’entendre restrictivement. Il s’appelle en effet « Père des miséricordes », d’un mot qui évoque directement la tendresse et la douceur maternelle, en particulier pour son enfant souffrant. Croyons-le de tout notre cœur, laissons l’Esprit Saint nous le révéler, lui qui est l’amour de communion du Père et du Fils, laissons le Fils nous le révéler, lui qui s’est blotti tout enfant contre sa maman Marie, lui dont le corps descendu de la croix fut encore remis entre ses bras, croyons-le vraiment : chacun d’entre nous est aimé de Dieu tout-puissant avec la douceur et la tendresse d’une mère, pour les siècles des siècles.