Dimanche 29 mai 2016 - Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ - Année C -Baptême d’enfants du catéchisme

Qu’est-ce qui vous remet en forme ?

Genèse 14,18-20 - Psaume 109,1-4 - 1 Corinthiens 11,23-26 - Luc 9,11b-17
dimanche 29 mai 2016.
 

Prendre l’air, une séance de gymnastique, une nuit de vrai sommeil, un régime efficace ? Ou plus simplement un bon repas en agréable compagnie ?

Cela dépend bien sûr de votre façon de ne pas être en forme. C’est bien différent s’il s’agit d’un simple « coup de pompe » ou d’une grave dépression. Chez certaines personnes, une parfaite condition physique cache une âme moralement très mal en point.

Ainsi, le mot hébreu « naval » se traduit habituellement par fou ou insensé, mais il signifie plus littéralement effondré ou fané. L’Écriture dit : « Dans son cœur, le naval a dit : pas de Dieu ! » Dans l’Antiquité, l’athée est celui qui se croit tout permis, puisqu’il n’y a personne pour juger le riche ou le puissant et protéger le pauvre ou le faible. L’homme immoral peut bien jouir d’une santé éclatante, il est humainement corrompu et informe.

Dans la première lecture, nous voyons un personnage bien équipé pour remettre les autres en forme de toutes les manières : Melkisédek, dont le nom signifie « roi de justice » et le titre « roi de paix », est prêtre du Dieu très-haut et il fournit le pain et le vin. Que désirer de plus ?

L’homme de justice, de sainteté et de paix par excellence, vous le connaissez maintenant, les enfants, c’est Jésus. Il est allé jusqu’à donner sa vie sur la croix où « il n’avait plus forme humaine » pour nous rendre cette humanité qui était déformée et corrompue en nous par le péché. Le baptême que vous allez recevoir n’est pas une purification extérieure, c’est la plongée dans la mort du Seigneur où vous êtes transformés intérieurement par sa vie de ressuscité. Vous êtes remis en forme humaine, et même appelés à la conformation au Christ, le Fils de Dieu.

Cette vocation serait inquiétante si l’on vous laissait aller chacun de son côté pour la réaliser à sa manière et selon ses possibilités. Mais, rassurez-vous, l’Église qui vous enfante aujourd’hui à la vie nouvelle sera toujours là pour vous, en particulier chaque dimanche pour vous recevoir à la table du Seigneur où nous sont partagés le pain et le vin devenus son Corps et son Sang.

Voilà le repas en bonne compagnie qui refait les forces du Chrétien et le remet en forme de Christ. Et vous n’oublierez pas le sacrement de pénitence et de réconciliation, la confession, qui vous permettra de vivre à nouveau la grâce merveilleuse du pardon, celle que vous allez recevoir en étant baptisés dans un instant.

Mais surtout, rappelez-vous toujours que nul n’est chrétien tout seul. Ce don merveilleux de Dieu, s’il n’est pas partagé, se fane, s’étiole et s’effondre. Tandis que mis en commun, en communion, il se multiplie comme les pains et les poissons de notre évangile d’aujourd’hui.

Quelles que soient ses misères, l’Église est en pleine forme de Sacrement du salut quand ses enfants se rassemblent pour rendre grâce à Dieu du don de son Fils qui s’offre à nous en son Corps et son Sang pour la vie éternelle.