Dimanche 19 juin 2016 - 12e Dimanche Année C

Higher the risk, higher the reward

Zacharie 12,10-11.13, 1 - Psaume 62,2-6.8 - Galates 3,26-29 ; Luc 9,18-24
dimanche 19 juin 2016.
 

Cet adage de la finance peut se traduire approximativement par : « plus c’est risqué, plus ça peut rapporter gros ». L’idée de base est simple. Au jeu de la roulette, par exemple, miser un sur une couleur donne une chance sur deux de gagner, mais seulement de gagner un. Tandis que sur un numéro vous avez plus de quatre-vingt-dix-sept chances sur cent de perdre mais si vous gagnez il vous reviendra trente-cinq pour un.

Ensuite, cela se complique. Par exemple, en ces temps de taux négatifs, les banques vous proposent des produits au fonctionnement subtil : sur cinq ans, vous avez presque une chance sur deux de gagner cinq pour cent, et presque une chance sur deux de récupérer toute votre mise... mais aussi une chance sur dix de tout perdre !

Pour certains, le choix de la religion c’est un peu cela. Une sorte d’assurance vie éternelle qui serait plutôt meilleure que la vie actuelle. Mais voilà, parfois je suis saisi d’un doute : et si Dieu n’existait pas ? Alors je perdrais tout !

Pour d’autres, il s’git d’un placement raisonnable et prudent. Au prix d’une certaine modération et de quelques visites de courtoisie au Seigneur en sa demeure, je m’achète une bonne conscience, un brevet de sociabilité et la confiance pour l’avenir de mon âme. D’ailleurs, puisque Jésus est mort pour tous, nous irons tous au paradis, n’est-ce pas ? Mais, vous l’avez entendu, Jésus dit : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » À l’évidence, il s’agit d’un choix plus radical. D’ailleurs, les Apôtres, selon la Tradition, sont tous allés, dans la suite du Christ, jusqu’au don suprême de leur vie en martyrs. S’agit-il donc d’échanger sa vie d’ici-bas contre une autre dans l’au-delà ?

En réalité non. Car celui qui renonce à lui-même reçoit dès maintenant en retour le Seigneur lui-même. Et il ne perd pas au change. La communion avec le Christ n’est pas seulement l’émotion d’un moment de temps en temps, c’est l’affaire de chaque instant de l’existence, qui en devient plus belle et sereine. En somme, la récompense est donnée sans attendre.

Mais, du coup, à l’inverse de l’adage de la finance, plus la récompense est grande, plus le risque l’est aussi. Car l’adversaire concentre ses attaques sur les amis du Seigneur. Le monde s’en prend à celui qui le dédaigne par amour pour Dieu. Parfois, c’est parce que nous pressentons cela que nous sommes retenus de nous approcher davantage du Christ. C’est pourquoi il nous dit : « N’ayez pas peur ».

En effet, mes amis, vous n’avez rien à craindre, au fond. Si vous vous donnez tout entiers à celui qui s’est offert pour vous jusqu’à la croix, vous remettez votre vie entre les mains de Dieu, son Père qui l’a ressuscité. Sa fidélité et sa générosité sont telles que vous pouvez être sûrs qu’ils accomplira toutes ses promesses magnifiques : avec lui, le risque est nul et la récompense infinie !