Dimanche 25 septembre 2016 - Fête de la Dédicace et Envoi en mission des responsables

Un bel écrin, c’est bien

2 Chroniques 5,6-8.10.13-14 ; 6,1-2 - Psaume 83 - Éphésiens 2,19-22 - Matthieu 16,13-19
dimanche 25 septembre 2016.
 

Un bel écrin, c’est bien. Ce qu’il contient de précieux, c’est mieux. Cette église est l’écrin. Le contenu, c’est vous.

Écrin et joyaux : parfois l’un n’est pas à l’avenant de l’autre. Que préférez-vous, un coffret laqué à l’intérieur tendu de soie et de satin, mais ne contenant qu’une parure de pacotille, ou pire... ou bien une simple boîte mais remplie de vrais diamants ? Je pense aux événements de cet été.

Nice, ville charmante, heureux lieu de vie, en un jour de fête parmi les fêtes, théâtre de cette abomination, de ce paroxysme d’horreur et d’abjection ! Et puis, un peu plus tard, un coin perdu de banlieue rouennaise, une messe de semaine avec trois ou quatre fidèles, un vieux prêtre auxiliaire : si j’ose dire, qu’allait faire Satan dans cette galère ? Car c’est le paradoxe même de la Croix du Christ : de ce crime atroce jaillit une lumière inouïe, celle de la victoire de l’amour sur la haine et de la résurrection promise aux disciples du Fils de Dieu.

Ici se manifeste que, s’il est vrai que l’église de pierres est l’écrin et que la communauté qui s’y rassemble en est le joyau, il faut dire plus encore que cette communauté est l’écrin dont le trésor est la présence divine. Saint Paul nous le dit, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture : « Vous êtes les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint. »

Or, ainsi que Salomon le découvre en voyant la gloire envahir le Temple et l’enténébrer, « Le Seigneur déclare demeurer dans la nuée obscure ». Cette parole était une prophétie de la mort du Fils de Dieu, un jour du temps, et de tous les événements où elle se rend présente par le martyre de ses fidèles, jusqu’à sa venue dans la gloire. Ce mystère de la présence de Dieu dans l’obscurité s’étend à toutes les situations où sa puissance éclate dans la faiblesse et l’abaissement que le monde méprise. En particulier, les Pères ont relevé que les glorieux Apôtres sur qui le Christ a bâti son Église étaient des gens quelconques et peu qualifiés pour un si grand destin. Pierre, en particulier, l’impulsif qui prétendait rester le dernier fidèle et renia si lamentablement, et Paul qui va jusqu’à se qualifier lui-même d’avorton.

Si donc notre église est belle et grande, et notre communauté nombreuse et riche dans sa précieuse diversité, nous devons certes nous en réjouir et en rendre grâce de bon cœur. Le Père, en effet, est heureux de la prospérité de ses enfants. Mais gardons-nous d’en concevoir aucune présomption, car cette misère spirituelle gâche toutes choses, et surtout les meilleures. L’orgueil empêche et contriste l’Esprit Saint, et sans lui nous ne serions plus qu’un écrin vide et d’autant plus pathétique que sa parure extérieure se voudrait brillante.

Si nous n’avions pas choisi les textes de cette messe pour l’anniversaire de la Dédicace, nous aurions entendu, en ce 26e dimanche du temps ordinaire, la parabole du riche et du pauvre Lazare. Or, la portée de cette parabole est double. Car le riche représente aussi la caste des prêtres du Temple « vêtus de vêtements de luxe » qui profitaient des sacrifices quotidiens somptueux, mais ne se souciaient guère du peuple et de ses détresses physiques ou morales et spirituelles.

Sachons donc cultiver, entre nous comme envers ceux de l’extérieur, la considération pour ce qui est petit, humble ou blessé, ainsi que l’amour de la pauvreté, de la simplicité et de l’humilité. Et la miséricorde par-dessus tout. Alors l’écrin de nos âmes s’emplira du bel Amour de Dieu et l’Esprit Saint nous fera réussir en toutes nos missions.