Dimanche 6 novembre 2016 - 32e Dimanche Année C - Entrée en catéchuménat de cinq adultes

Qu’est-ce que la vie pour vous ?

2 Martyrs d’Israël 7,1-2.9-14 - Psaume 16,1.3.5-6.8.15 - 2 Thessaloniciens 2,16 à 3,15 - Luc 20,27-38
dimanche 6 novembre 2016.
 

Manger, boire et dormir, etc. ? Très bien ! C’est en effet le régime élémentaire et le bon goût de l’existence que nous partageons avec les animaux. Chanter, jouer, danser, apprendre, créer etc. ? Encore mieux ! C’est en quoi nous excellons, nous les humains, de par les facultés supérieures qui nous sont consenties. Mais ai-je dit le plus important ? Non, bien sûr !

Par-dessus tout, la vie c’est aimer, et aimer pour de bon. C’est-à-dire de cet amour tel que l’on vit tout entier pour l’autre. Comme, par exemple, celui d’une mère et de son nourrisson pendant cette sorte de « lune de miel » où l’enfant ne boit pas moins le lait que le regard de sa maman et qu’il vibre au son de sa voix, s’efforçant de tout son être de lui répondre par une parole pareille à la sienne. Et la mère elle-même en chavire de bonheur d’être ainsi tout pour ce tout-petit.

La vie veut être tout pour l’autre et que l’autre soit tout pour elle. La vie veut aimer et être aimée d’une relation de réciprocité parfaite et bienheureuse, et qu’elle dure toujours ! Ce vœu de notre chair plus ou moins bien exaucé dans notre petite enfance demeure par la suite comme une puissance cachée qui s’exprime avec feu dans les sentiments amoureux de l’adolescence. Mais il ne nous quitte jamais, comme une nostalgie ou un espoir qui n’accepterait pas de se laisser raisonner. Or, justement, Jésus vient donner raison à cet espoir immense et fou de notre âme.

Avez-vous remarqué l’insistance de la formule « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob », directement tirée du livre de la Genèse ? C’est là, en effet, le nom que Dieu révèle à Moïse, celui dont il veut être appelé « de génération en génération ». C’est personnellement avec chacun des patriarches, qu’il a réalisé une relation réciproque d’amour total. Voilà ce que signifie la finale énigmatique propre à Luc : « Tous, en effet, vivent pour lui ». Si Dieu, qui est éternel, est ainsi entré dans une alliance totale avec chacun d’eux, ne faut-il pas en déduire que chacun d’eux est accueilli dans son éternité même ? Ceux qui aiment le savent bien. « Je t’aime » veut dire : « Je veux que tu vives ! » Celui qui aime absolument accepterait-il de perdre l’aimé qui l’aime, alors qu’il donne la vie à tout être ?

Ainsi, le problème de savoir comment ce sera de vivre pour lui dans le futur, problème qui est une impasse pour notre entendement, s’efface et disparaît devant l’annonce de la possibilité de vivre pour lui maintenant. Et comment vivre maintenant, Jésus nous l’explique abondamment : en disciple qui, à la suite de son Seigneur, accepte de renoncer à lui-même et de donner sa vie par amour pour l’Autre et pour les autres. C’est la vie de baptisé, la vie tout entière baptismale qui vous est proposée aujourd’hui, chers amis catéchumènes.

Par l’Esprit Saint donné au baptême dans la mort et la résurrection du Christ, et par la Confirmation, vous mourrez à vous-mêmes, à l’orgueil et à l’égoïsme qui vous empêchent d’aimer. Vous vivrez d’une vie nouvelle où l’amour est plus fort que le péché et que la mort. Une vie où vous pardonnerez comme il vous a été pardonné, où vous ferez miséricorde comme il vous a été fait miséricorde. Et déjà vous savez comment vous vivrez par-delà la mort parce que dans la charité fraternelle vous avez un avant-goût de l’amour qui n’aura pas de fin.

Alors, que votre vie et que la nôtre soient pour le Seigneur qui est vivant pour le Père dans l’Esprit Saint, aujourd’hui comme aux siècles des siècles.