Dimanche 27 novembre 2016 - Premier dimanche de l’Avent Année A

Je n’attends qu’un signe de toi

Isaïe 2,1-5 - Psaume 121,1-9 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
dimanche 27 novembre 2016.
 

Qu’évoque pour vous cette phrase ? Une ombre furtive sur la plage enveloppée de nuit espérant l’apparition d’un fanal dont l’éclat minuscule trouant les ténèbres annoncera l’embarquement vers un autre avenir ? Ou simplement une façon un peu emphatique de dire « je suis prêt » ? En tout cas, que la situation soit dramatique ou banale, amoureuse ou guerrière, cette parole déclare la vigilance ardente de qui la prononce et sa disposition à réagir à la première sollicitation.

C’est pourquoi le Seigneur nous exhorte à veiller. Il ne s’agit pas de se passer de sommeil mais de rester constamment attentifs aux signes qu’il peut nous adresser à tout instant. Certes, il est question de la fin du monde au bout de l’histoire, quand le Christ viendra dans sa gloire. Mais les « signes des temps » peuvent se produire dans la trame ordinaire de nos existences de telle manière que chacune de nos réponses positives « hâte la Venue » : elle fait arriver ici et maintenant le Règne qui sera éternel, elle le manifeste et l’annonce au milieu des vicissitudes terrestres.

« L’un est pris, l’autre laissé » : ce qui semble une menace ultime, évoquant la possibilité pour l’homme de manquer définitivement l’offre du salut, doit résonner pour nous comme un avertissement habituel. C’est chaque jour que l’occasion se présente de voir ou non l’appel de Dieu dans notre vie et que se pose la question de savoir si nous allons saisir notre chance ou pas. D’ailleurs, le texte grec se traduirait plus littéralement par : « « l’un est accueilli, l’autre laissé aller ». Autrement dit, notre liberté est sollicitée et respectée. Celui qui accepte la main tendue de Dieu est aussitôt reçu, comme le fut le « bon larron » sur la croix. Celui qui la manque n’est pas forcé de la prendre mais, laissé à son chemin plus ou moins d’errance, il n’en sera pas moins attendu au tournant suivant.

Pourquoi passons-nous à côté de cette main si souvent ? Par inattention, par lassitude ou par désespérance, ou encore par une ignorance du langage de Dieu qui nous fait croire à son silence et à son indifférence alors qu’il ne cesse de s’adresser à nous en usant de toutes sortes de moyens. Pour nous instruire, nous avons la Parole, l’Écriture lue en Église, témoignage authentique rendu à Jésus et indication du chemin de vie. Comment désespérer si l’on croit à cette miséricorde que nous avons célébrée pendant toute une année et qui continue de s’offrir inlassablement ? Si nous trouvons le chemin trop dur ou trop long, sachons reconnaître celui qui le vit à nos côtés, comme il l’a promis. Enfin, si notre attention est noyée dans les distractions de ce monde, écoutons la voix qui nous s’adresse à nous maintenant si ardemment : « Veillez ! »

Vous le savez, le signe est toujours le même, c’est celui de l’amour. Il prend des aspects différents selon les temps et les moments, mais il signifie à chaque fois : « Aimez ! » Savoir lire le signe d’aimer que nous fait le Seigneur et y répondre aussitôt est le chiffre de la vie chrétienne. Certains se plaignent et s’interrogent au soir d’une vie d’attente : n’ai-je pas été privé de chances ? Ou bien aurais-je manqué celles qui me furent offertes ? Mais le Seigneur sait de quelle manière son appel à l’amour fut vu et vécu tant de fois dans une existence obscure.

Disciples nous disons l’essentiel chaque fois que nous prions de tout cœur : « Je n’attends qu’un signe de toi pour me lever à ta parole et l’accomplir joyeusement ! »