Dimanche 25 décembre 2016 - Jour de Noël

L’école de la vie n’est jamais finie

Isaïe 52,7-10 - Psaume 97,1-6 - Hébreux 1,1-6 - Jean 1,1-18
dimanche 25 décembre 2016.
 

L’homme apprend jusque dans sa vieillesse. Il apprend, de ce qu’il vit, beaucoup de choses, et aussi sur lui-même, et comment se conduire. Toutefois, il faudra bien mourir. Mais jusqu’à ce point aussi va la vie de l’homme, et sa mort elle-même fait partie de sa vie.

Il est écrit du Christ qu’il « apprit de ce qu’il souffrit l’obéissance ». L’auteur de la lettre aux Hébreux parle là précisément de la Passion, mais ce qu’il dit n’est-il pas vrai pour Jésus depuis son enfance ? Le Psaume 72 fustige ceux qui « échappent aux souffrances des hommes, aux coups qui frappent les mortels. » Le Verbe fait chair ne s’est pas soustrait à nos douleurs, il les a prises sur lui « de la crèche au crucifiement ».

Il nous est donné de l’adorer tout petit enfant : c’est plus facile pour nous. Mais ce bon début de chemin ne doit pas s’interrompre prématurément : au contraire, sur cette belle lancée, nous pouvons adorer Jésus dans tous ses états, à tous les âges de sa vie et dans toutes ses péripéties. N’est-il pas ressuscité « en entier » ? Chaque instant de sa vie est entré dans l’éternité et nous est maintenant donné à adorer. Sinon, pourrions-nous nous incliner devant le bébé de la crèche ? Ainsi la vie de Jésus devient une école de vie pour nous. En ce sens, chacune de nos vies vaut son poids d’adoration. Cela ne signifie pas qu’il faille passer son temps devant le tabernacle, mais que l’adoration eucharistique doit être une école pour toute l’existence, pour la manière de considérer toute réalité au monde. L’émerveillement devant toute créature, en dépit du mal qui la marque et la blesse, s’il est fondé dans la considération pour le Verbe fait chair, devient un chemin de foi pour tout homme.

Écoutons le pape François nous en parler si bien dans Laudato si’ : « Tout l’univers est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée pour nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu... Le soleil et la lune, le cèdre et la petite fleur, l’aigle et le moineau : le spectacle de leurs innombrables diversités et inégalités signifie qu’aucune des créatures ne se suffit à elle-même... Elles se complètent au service les unes des autres... Quand nous prenons conscience du reflet de Dieu qui se trouve dans tout ce qui existe, le cœur expérimente le désir d’adorer le Seigneur pour toutes ses créatures et avec elles. »

C’est pourquoi, à la messe, non seulement le pain devient le corps du Christ, mais il représente l’ensemble de la création destinée à être christifiée dans la résurrection du Christ. La résurrection de Jésus que nous célébrons particulièrement chaque dimanche, et donc aussi en ce jour de Noël où nous nous émerveillons devant le nouveau-né de la crèche, cette résurrection nous prend en travers du temps et nous établit dans la vie éternelle qui n’est rien d’autre que l’adoration du Père dans le Fils par l’Esprit Saint, cette vie d’amour qui durera toujours.

Ainsi, même au soir de notre vie, au jour de notre mort qui nous verra comparaître devant le Créateur, l’école de la vie qu’est l’adoration ne sera jamais finie.