Dimanche 26 mars 2017 - Quatrième dimanche de Carême Année A - Deuxième scrutin pour les catéchumènes adultes

- Il faudra bien faire toute la lumière sur cette affaire ! - Pourquoi ?

1 Samuel 16,1b.6-7.10-13a - Psaume 22,1-6 - Éphésiens 5,8-14 - Jean 9,1-41
dimanche 26 mars 2017.
 

Nous avons ou non intérêt à éclaircir certaines choses. La vérité pour la vérité, c’est comme l’art pour l’art, cela n’existe guère dans un monde réel d’humains habituels. Parfois nous sommes terriblement pressés de savoir si c’est vrai, ce qu’on dit ou ne dit pas. Et parfois nous sommes terriblement indifférents à la vérité de ce qui est dit, pourvu qu’on y croie. Des scientifiques falsifient les résultats de leurs expériences pour pouvoir publier des « découvertes » sensationnelles, eux dont la raison d’être est de rechercher la vérité !

Nous sommes tous sous l’influence du « père du mensonge » qui profite de nos faiblesses. Quiconque demeure dans l’illusion contraire est semblable aux pharisiens de l’évangile qui sont d’autant plus décidément aveugles qu’ils prétendent voir. À l’inverse, l’aveugle-né qui ne peut nourrir aucune prétention se laisse conduire vers la vérité docilement. Qu’est-ce qui lui vaut cette capacité à reconnaître la vérité alors même que cela va contre ses intérêts et sa sécurité puisqu’il s’expose à « être exclu de la synagogue » ? Le baptême dont l’ablution à la piscine de Siloé est l’image. Seul le baptême en effet, comme bain d’humilité et de gratuité, libère notre raison de l’orgueil de croire savoir, parfois au prix d’un mensonge à nous-mêmes, qui nous aveugle. Seul le Christ qui est « le chemin, la vérité et la vie » nous en délivre.

Chers amis catéchumènes, y croyez-vous, à ce que dit l’Église de Jésus ? Vous avez la foi ? Ne me répondez pas, j’anticipe ! Mais c’est déjà une question dans votre cœur, bien sûr, et le problème ne sera pas réglé en un jour. C’est un sujet pour la vie entière, beaucoup ici pourraient en témoigner : que de questions, de doutes et d’obscurités travaillent les consciences de ceux qui, pourtant, proclament le Credo de bon cœur avec toute l’assemblée du dimanche, comme nous allons le faire tout à l’heure.

La foi, la vraie, c’est de croire que le seul espoir, le seul salut, c’est la croix de Jésus. Que nous en avons tous infiniment le même besoin absolu. Qu’il nous est offert par pure grâce, comme à chaque enfant des hommes pour qui le Fils de Dieu a donné sa vie. Tel est le discernement radical auquel nous sommes toujours renvoyés par la Parole qui ne cesse de nous réveiller et de nous convoquer à la conversion. Mais l’Ennemi, lui, ne se lasse pas de nous inspirer l’indifférence au péché, au mal qui frappe les autres, à tout ce qui ne touche pas directement à notre confort immédiat. C’est pourquoi la foi est un combat spirituel auquel nous ne pouvons échapper. Pour ce combat, vous devez être rendus forts par le seul qui peut triompher, le Christ Seigneur : c’est le sens de ce scrutin.

Pourquoi cette guerre des ténèbres contre la Lumière dure-t-il ainsi, tandis que le Christ a déjà vaincu sur la croix ? C’est un grand et douloureux mystère dont nous n’avons pas la clef tant que nous cheminons ici-bas. Il faudra bien que toute la lumière soit faite là-dessus. Ce sera au dernier jour, quand il sera mis fin à la lutte du mal contre Dieu. En attendant, vivons en enfants de lumière au milieu des ténèbres du monde, pour notre joie et l’espérance de nos frères humains.