Dimanche 9 avril 2017 - Dimanche des Rameaux et de la Passion Année A

Peut-il sauver, le crucifié ?

Évangile des Rameaux : Matthieu 21,1-11 - Lectures de la messe : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Matthieu 26,14 à 27,66
dimanche 9 avril 2017.
 

Après l’évangile des Rameaux

Nous chantons « Hosanna ! », mais savez-vous ce que cela veut dire ? Littéralement, en hébreu : « Sauve donc ! » En effet, celui que nous acclamons porte nos espoirs, et Dieu sait que nous avons besoin de salut. Comme les foules de Jérusalem, nous avons confiance en Jésus pour nous délivrer de tout le mal qui est dans nos vies et dans nos sociétés. Alors chantons de bon cœur, sûrs d’être entendus par celui qui entre dans sa ville en roi pacifique envoyé par Dieu.

Après la lecture de la Passion

Qu’est-ce qui est le plus attristant dans ce récit de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ ? Peut-être les moqueries qui le visent. On le traite avec dérision : celui qui devait sauver les autres s’est montré incapable d’échapper lui-même à la croix, le pire supplice et le plus grand malheur pour un homme. Quelle honte pour lui, et quelle déception pour ses partisans ! Mais l’ironie n’est pas où le pensent les moqueurs, car en réalité, au moment même où ils le voient perdu, cet homme les sauve bel et bien, eux et le monde entier.

Ce dimanche des Rameaux et de la Passion nous place au pied du mur de la foi : ce Jésus que nous saluons joyeusement comme Sauveur à l’entrée de la ville sainte, le reconnaissons-nous tel lorsqu’il est mis dehors sur la croix ? Si oui, cela doit changer notre manière de vivre et de prier. Voulons-nous simplement que Dieu fasse pour nous ce que nous désirons, ou bien allons-nous accepter de faire ce que Dieu veut pour nous, même lorsqu’il s’agit de suivre Jésus jusqu’à la croix ? Allons-nous demander seulement pour nous-mêmes, selon nos passions et nos peurs, ou bien saurons-nous élargir notre prière aux autres, surtout aux plus faibles et abandonnés de la terre ?

Quand nous mettons en pratique la parole du Seigneur qui nous dit d’aimer nos ennemis et de prier pour ceux qui nous persécutent, nous manifestons qu’il nous a sauvés de la haine qui est dans le monde, et qu’il est ressuscité pour nous envoyer son Esprit Saint. Alors nous chantons de plus belle « Hosanna ! » pour nous-mêmes et pour tous ceux qui ne le connaissent pas. Pourrons-nous désormais injurier ou haïr aucun homme, ou nous moquer de quiconque comme ceux qui ne savent pas que le Juste et le Saint a subi injures et moqueries pour nous ?

Car, le plus beau de tout cela, c’est que, jusqu’au bout, le Christ n’a pas cessé d’aimer de tout son cœur.