16 avril 2017 - Jour de Pâques - La Résurrection du Seigneur - Baptême de deux enfants

Je suis celui que tu aimais

Actes 10,34a.37-43 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Corinthiens 5,6-8 - Jean 20,1-9
dimanche 16 avril 2017.
 

Se peut-il que, parfois, cette phrase signifie qu’il n’en est plus ainsi ? Que tu ne m’aimes plus, bien que je sois le même ? Peut-être prétends-tu que je ne suis plus celui que tu as aimé ? Les amours mortes sont le ravage des amants désunis, jusqu’à couvrir de l’ombre du doute la permanence de leur existence.

Et quand la mort vient frapper ceux qui s’aiment toujours, quel éploré peut échapper à cette question lancinante devant l’inanimé dont son âme est veuve désormais : son corps est là, mais lui, où est-il ? Marie-Madeleine, apparemment. Elle ne demande pas où est passé « le corps », elle dit : on a enlevé « le Seigneur » ! Elle a vu Jésus arrêté, condamné, bafoué, torturé, défiguré, crucifié, mort et enterré : tout était fait pour horrifier les spectateurs du supplice et les dégoûter absolument du supplicié. Aux yeux du monde, ce qui est maintenant dans le tombeau est un cadavre de plus de vingt-quatre heures. Or, non seulement elle continue à aimer le mort, mais elle ne doute pas que ce soit bien lui, ce corps !

Peu après, dans le même évangile, lorsque Jésus lui apparaît, elle commence certes par le prendre pour le jardinier, mais dès qu’il l’appelle « Marie », aussitôt elle le reconnaît. Pourquoi cette foi limpide, qui tranche avec l’hésitation des Apôtres ? Sûrement en raison de l’amour. Par ce simple prénom, Jésus lui dit en quelque sorte : « Je suis celui que tu aimais ». C’est-à-dire à la fois : je suis bien celui que tu as connu, c’est toujours moi ; et aussi : sois toujours celle qui m’aime.

La résurrection de Jésus reconnue par la foi de Marie-Madeleine est bonne nouvelle pour tous ceux qui croient à la vie et à l’amour et espèrent qu’ils dureront toujours. Les années passent et laissent leur trace sur le visage des vivants, elles marquent leur corps sans trêve, jusqu’à la fin inévitable. Mais l’amour du Seigneur est de toujours à toujours : il ne veut abandonner aucun de nous à la corruption et à la mort, car il nous a créés pour nous recevoir en son éternité.

Par son Fils ressuscité, il dit à chacun de nous : « Je suis celui qui t’as aimé jusqu’à donner ma vie pour toi : crois-le, et tu vivras de ma vie à jamais. »