7 mai 2017 - Quatrième dimanche de Pâques, « Dimanche du Bon Pasteur » - Baptême de vingt-et-un enfants du catéchisme

« Sortir par la porte et rentrer par la fenêtre »

Actes 2,14a.36-41 - Psaume 22,1-6 - 1 Pierre 2,20b-25 - Jean 10,1-10
dimanche 7 mai 2017.
 

Vous comprenez ce que veut dire cette expression ? Elle équivaut à peu près à : s’incruster avec obstination même quand on est poussé dehors.

Et « passer par la fenêtre », en général, qu’est-ce que cela vous évoque ? Peut-être une idée d’évasion, mais aussi un cambriolage ou une manière expéditive de se débarrasser de quelqu’un d’insupportable. Il paraît que, parfois, les parents ont envie de passer les enfants par la fenêtre !

Dans notre évangile, Jésus insiste sur le fait qu’il est passé par la porte et pas par ailleurs. Que signifie cette affirmation ? D’abord qu’il s’est laissé humblement choisir et présenter par d’autres au lieu de s’imposer par la force ou la ruse, comme un voleur ou un brigand. Il est passé par la naissance d’une femme et l’enfance soumise à ses parents, comme tous les hommes. Ensuite, pour entrer dans sa vie publique, il s’est inscrit dans le sillage de Jean-Baptiste en recevant son baptême. Ainsi, il est entré par la porte des institutions humaines et religieuses de son peuple. Pourtant, à la fin, les siens l’ont en quelque sorte fait sortir par la fenêtre : ils l’ont jeté hors de la ville, hors de la vie et du monde des personnes respectables. C’est le mystère pascal du Christ, le Fils de Dieu fait homme, mort sur la croix et ressuscité par Dieu.

Cette trajectoire est indiquée subtilement par l’évangile d’aujourd’hui. Dans la première partie, Jésus se désigne comme le Bon Berger qui passe par la porte, et le portier (Jean-Baptiste ?) lui ouvre. Mais, comme ceux à qui ils s’adresse (les Pharisiens) ne comprennent pas, il reprend la parole. Et en ce deuxième temps, il déclare : « Je suis la Porte ». Nous pouvons lire ici le drame de son rejet par les chefs du peuple jusqu’à la mort sur la croix, suivi de sa résurrection et donc de l’envoi de l’Esprit Saint par lequel s’ouvre aux hommes la porte de la vie, de la vie en abondance. Cette porte, c’est le Seigneur lui-même en qui vous allez être baptisés, plongés dans sa mort pour y trouver la foi et la vie éternelle. Le baptême est la porte de l’Église, des sacrements, de la foi et de la vie chrétienne, c’est-à-dire de la Vie tout simplement.

Quand Jésus dit : « Si quelqu’un entre par moi il sera sauvé, et il entrera, et il sortira », vous êtes peut-être tentés de comprendre que chacun pourra aller et venir à sa guise. Mais il ne s’agit pas de cela. « Entrer », c’est être incorporé au Christ par le baptême, et « sortir », c’est être libéré de l’enfermement du monde : égoïsme, orgueil, rivalités, haine et cupidité qui sont l’esclavage du péché. En sortir, c’est passer par le mystère pascal du Christ qui ouvre une fenêtre sur le ciel, c’est adopter la loi nouvelle de l’amour plus fort que le péché et que la mort.

C’est pourquoi saint Paul dit : « Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures nous sommes guéris. » Et avant : « Il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces ». Et d’abord : « Si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu ». Ne croyez donc pas que le baptême va vous éviter les peines et les épreuves qui sont le lot de toute l’humanité. Mais ce sacrement vous offre la possibilité de les vivre en communion avec le Christ souffrant pour connaître sa joie et sa paix dans la certitude que, de tout cela, son Père peut tirer un bien pour vous et pour le monde, si vous le voulez bien. C’est ainsi que vous serez vraiment enfants de Dieu et Lumière pour le monde.

Entrez donc dans l’Église par la porte du baptême qui est Jésus lui-même, chers enfants, et sortez de l’esclavage du péché par la fenêtre de l’Esprit Saint : vous pourrez vous nourrir du pain de la Vie qui est l’Eucharistie, et vous connaîtrez le bonheur de l’amour, aujourd’hui et dans le Royaume à venir, au banquet éternel des Noces de l’Agneau.