14 mai 2017 - Cinquième dimanche de Pâques

Qu’est-ce qui fait mal ?

Actes 6,1-7 - Psaume 32,1-5.18-19 - 1 Pierre 2,4-9 - Jean 14,1-12
dimanche 14 mai 2017.
 

Question de médecin, n’est-ce pas, et donc suscitant l’espoir de soulagement déjà et peut-être de guérison. Le médecin fait comme il peut : parfois il fait un peu mal. Il n’est pas tout puissant.

Mais pour Dieu, qu’en est-il ? Certains essaient de l’excuser du mal qui est dans le monde en le voyant ainsi, comme un médecin pas tout-puissant. D’autres disent que si, il est tout-puissant, et que donc il fait tout, même le mal ; ou du moins qu’il le permet. Les uns et les autres, donc, admettent que Dieu fait mal.

Mais voyez-vous Jésus faire autre chose que du bien ? Jamais il ne punit, jamais il ne frappe. Or, il nous dit aujourd’hui que ses œuvres sont celles du Père. Il n’y a pas deux Dieu : celui que révèle Jésus est le seul, et celui-là ne fait aucun mal.

Deux épisodes, pourtant, semblent contredire cette vue : celui des vendeurs chassés du Temple et celui du figuier maudit. Mais, justement, ces deux gestes sont prophétiques précisément de la passion du Christ : là où, comme dit le pape Benoît XVI, Dieu se retourne contre lui-même. En effet, le Temple véritable, c’est son corps qui sera détruit et cloué sur la croix. Quant au figuier maudit pour ne pas porter de fruit, c’est encore lui-même qui, au terme de sa vie publique, n’a pas réussi à convertir le peuple ni, surtout, ses chefs.

Ce que nous révèle la croix, c’est que Dieu assume le mal pour le retourner en bien. Par exemple, Dieu punit-il ? En fait, si vous tirez une bonne leçon d’une l’expérience négative, vous pouvez dire que c’était une punition paternelle venant de Dieu. Mais, en réalité, ce qui vient de Dieu est la bonne leçon, et la conversion qu’elle permet. Le mal, lui, ne vient que du mauvais. Un bon arbre ne donne pas de mauvais fruit, un bon fruit ne vient pas d’un mauvais arbre.

Certes, la vieille question se pose : puisque Dieu est éternel, bon et tout-puissant, d’où vient le mal ? Leibnitz se contente de remarquer : « Si Deus est, unde malum ? Si non est, unde bonum ? » C’est-à-dire : « Si Dieu existe, d’om vient le mal ? Mais s’il n’existe pas, d’où vient le bien ? »

La Révélation ne donne pas de réponse de réponse à la question de l’origine du mal, mais seulement un secours et une promesse : le secours de la grâce qui console, fortifie et guérit ; la promesse que le mal sera détruit, car il est déjà vaincu. Voilà la vérité et le chemin.

Prenons le chemin d’humilité et de patience, à l’image du Christ, mais déjà aussi de bonheur, comme lui. Car le bonheur secret est de croire et de savoir que nous avons un Père dans les cieux qui ne nous fait que du bien et que nous allons vers lui. C’est pourquoi nous disons : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. »