Dimanche 4 juin 2017 - Pentecôte Année A - Baptême d’un petit enfant : Paul

Votre corps est l’objet de nombreux soins

Actes 2,1-11 - Psaume 103,1.24.29-31.34 - 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13 - Jean 20,19-23
dimanche 4 juin 2017.
 

Bébé, déjà, quand vous n’êtes pas nourri, lavé, crêmé ou dorloté, c’est que vous dormez et qu’on veille sur votre sommeil. Par la suite, cela continue plus ou moins. Surtout si vous entrez en quelque état pathologique au point de relever d’une thérapie. Alors la question se pose des priorités : par quoi commencer ? Où est l’urgence ? Quel traitement conditionne la possibilité des tous les autres ?

La réponse de l’Évangile me semble très claire, bien que sans doute déconcertante pour beaucoup : en premier, le pardon des péchés. Quand le Christ dit aujourd’hui à ses Apôtres : « Recevez l’Esprit Saint », la seule précision qu’il donne est : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Pourquoi cette importance primordiale ?

Benoît XVI nous l’explique dans « L’enfance de Jésus ». En effet, quand l’Ange annonce la venue du Christ à Joseph, il lui dit : « Tu l’appelleras Jésus (le Seigneur sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Cette définition de la mission du Messie pourrait paraître décevante, dit le pape, mais, à la réflexion, nous comprenons qu’il s’agit de restaurer la relation fondamentale, celle avec Dieu, sans quoi rien ne peut être en ordre : « Si tu n’es pas guéri en cela, alors, malgré toutes les bonnes choses que tu pourras trouver, tu ne seras pas vraiment guéri. »

En somme, l’Esprit de Dieu qui est vraiment la panacée, c’est-à-dire le remède universel, commence par le pardon pour restaurer la relation des hommes avec lui, car tout le reste en découle plus ou moins directement. C’est ainsi qu’il réalise le salut, c’est-à-dire le rétablissement de l’heureuse entente entre les hommes et l’harmonie dans l’Univers. C’est pourquoi Jésus dit et répète à ses Apôtres, avant toute autre chose : « La paix soit avec vous ». Puis il leur donne l’Esprit pour qu’ils puissent à leur tour transmettre cette paix de la réconciliation à tous leurs frères.

Ainsi est inaugurée aujourd’hui ce que j’appelle la « Pneumatothérapie », c’est-à-dire la cure d’Esprit Saint, car il soigne toute maladie du corps et de l’esprit, dans notre pauvre humanité et pour toute la Création. Certes, la troisième personne de la Sainte Trinité est bien plus que cela, lui qui est Seigneur et qui donne la vie. Mais s’il nous est présenté ainsi en ce jour de la Pentecôte, c’est qu’il est tout indiqué de le considérer d’abord ainsi.

Soit, me direz-vous, l’Esprit est le médicament, le principe actif. Mais, s’agissant d’une cure, il nous faut une posologie, une notice, un protocole. Bien sûr, je vous indiquerai d’abord le sacrement de pénitence et de réconciliation, la confession, à fréquenter de façon régulière. Mais n’oubliez pas que le baptême efface le péché originel et toute faute, ni que la messe remet les péchés. En outre, le pardon ne se trouve pas que dans les célébrations sacramentelles : il est à pratiquer sans modération entre nous de toutes les manières, chaque jour.

Et puis, à chaque instant, chacun de nous peut reconnaître son péché aussitôt que commis et appeler l’Esprit à la rescousse, comme un baume infiniment doux : n’est-il pas le « Paraclet », le secours qui vient dès qu’on l’invoque ? Demandons avec ardeur et confiance le « Défenseur » qui non seulement nous garde du Mal, mais encore nous en libère inlassablement dès qu’il trouve en nous l’accueil du repentir. Agir ainsi, c’est changer de prise : lâcher l’auto-justification de l’orgueil et de l’égoïsme pour s’en remettre à la miséricorde de celui qui nous a créés pour que nous lui rendions gloire par notre vie.

L’Esprit est un, mais ses actions sont infiniment variées : ne craignez pas de lui adresser de trop nombreux appels, car il ne demande qu’à vous soigner, corps et âme, pour vous apporter santé et sainteté de toutes les façons. Le corps du Christ est l’objet incessant des multiples soins de l’Esprit Saint, pourvu que son Église l’invoque dans la foi de tout son cœur.