Dimanche 25 juin 2017 - Douzième dimanche Année A

Ouvre-toi !

Jérémie 20,10-13 - Psaume 68,8.10.14.30-31.33-34 - Romains 5,12-15 - Matthieu 10,26-33
dimanche 25 juin 2017.
 

Serai-je en pleine anticipation, chers amis, de ce qui ne devrait vous arriver qu’à l’approche du baptême ? En effet, ce rite qu’on appelle « de l’Effétah » parce qu’il rappelle la parole et le geste de Jésus guérissant un sourd-muet dans l’évangile de Marc, est prévu pour la fin du parcours catéchuménal. Or, vous, vous n’en êtes aujourd’hui qu’au tout début.

Mais il se trouve que l’injonction pressante du Seigneur à ses Apôtres qui ouvre le passage évangélique de ce dimanche est de parler ouvertement. Et la fin explicite ce qu’il s’agit de dire : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. » Or, tout indique que cette fidélité au témoignage expose le disciple à la persécution, ce qui a de quoi lui faire peur. D’où la nécessité d’un encouragement puissant : « Ne craignez pas ! »

Eh bien, à partir d’aujourd’hui, cette parole s’adresse à vous aussi ! En effet, depuis le temps des Apôtres, une multitude de chrétiens ont payé le prix fort de la fidélité : les Apôtres et beaucoup de leurs successeurs, certes, mais aussi des laïcs de toute condition, et même des catéchumènes. Et cela continue aujourd’hui, hélas, en beaucoup de lieux où l’hostilité contre « la Voie » se déchaîne. À peine entrés dans l’Église, mes amis, vous voilà donc avertis que le martyr vous attend ! Si ce n’est de manière sanglante - et nous espérons bien que cela vous sera épargné - du moins dans l’épreuve de la fidélité quotidienne. Chaque fois que vous choisirez de mettre la Parole en pratique plutôt que de céder à l’égoïsme, chaque fois que vous suivrez la voie de l’Amour ouverte par le Seigneur malgré ce qu’il pourra vous en coûter, vous serez témoins de sa grâce, c’est-à-dire « martyrs », puisque c’est le sens littéral du terme à l’origine.

Pourtant, le Christ le répète, vous ne devez pas avoir peur. Le motif de confiance qui nous est donné est la sollicitude de Dieu. Jésus dit littéralement que pas un moineau ne tombe « sans votre Père ». Ici, nous pouvons percevoir non seulement une grande tendresse, mais aussi un sourire : « vous valez plus que beaucoup de moineaux » dit Jésus. C’est un euphémisme ! Car si le Père aime toute créature, combien plus chacun des enfants des hommes qu’il a créés à l’image de son propre Fils éternel et bien-aimé.

Autrement dit, croyons fermement que jamais Dieu ne nous « laisse tomber ». Son attention ne nous est retirée en aucune circonstance, et surtout pas dans les épreuves et les tribulations à cause de son Fils. Et n’oublions pas que se déclarer pour le Christ n’est pas seulement une question de mots. Nous savons que toute solidarité avec le petit, le pauvre, l’exclu ou le perdu est solidarité en acte avec Jésus lui-même. Et cette solidarité commence par une ouverture des yeux à son existence, des oreilles à ses soupirs ou à ses cris, des mains à ses besoins et du cœur à son cœur. Celui qui s’ouvre ainsi à l’autre s’ouvre au Père dont il manifeste et réalise par là même la présence aimante.

C’est ainsi que le Seigneur a vécu sur notre terre et, maintenant qu’il est au ciel à la droite de son Père, il est pourtant avec les siens jusqu’à la fin du monde. S’ouvrir à sa présence, c’est recevoir à la fois la mission baptismale de le représenter auprès des autres et la certitude de ressembler ainsi à notre Père qui est aux cieux. Soyons donc ardents à croire à sa parole et à la mettre en pratique car nous n’avons ni joie ni grâce ni salut en-dehors de lui. Et son œuvre d’amour aujourd’hui par nos mains dans le monde ouvre le cœur des hommes au Dieu de toute espérance.