Dimanche 2 juillet 2017 - Treizième dimanche Année A

Êtes-vous plutôt eau fraîche ou huile sur le feu ?

2 Rois 4,8-11.14-16 - Psaume 88,2-3.16-19 - Romains 6,3-4.8-11 - Matthieu 10,37-42
dimanche 2 juillet 2017.
 

C’est question de tempérament et d’histoire personnelle, sans doute. Certains jouent les conciliateurs en toute circonstance tandis que d’autres attisent un conflit ou un différend dès qu’ils en ont l’occasion. Sans méconnaître les avantages et la nécessité de ces derniers, pour la recherche de la vérité en particulier, force est de reconnaître que pour l’agrément et la fluidité de la vie ordinaire les premiers sont à préférer.

Voilà le sens figuré du « verre d’eau fraîche » de notre évangile : une parole, un geste tout simple pour apaiser ceux qui s’échauffaient vous valent d’être appelé fils de Dieu par l’homme des béatitudes qui déclare aussi heureux ceux qui sont persécutés pour la justice. Et, en effet, comme l’indique le contexte de notre passage, il s’agit de rendre témoignage au Christ quel qu’en soit le prix. Si vous refusez de hurler avec les loups, cela peut vous séparer même de vos proches, père ou mère, fils ou fille. Mais c’est ainsi que vous serez digne de celui qui fait de vous les brebis de son Père qui est aux cieux.

Là, je suis pris d’un doute : qui de nous accomplit vraiment ce programme ? Ne sommes-nous pas tous plus ou moins médisants ? D’ailleurs, nous qui sommes à la messe, ne dit-on pas de nous que c’est grande hypocrisie puisque notre conduite habituelle manifeste un grave décalage avec les belles paroles que nous y entendons ? Peut-être même que nous sommes les premiers à dénigrer les autres chrétiens pour leur tiédeur à mettre en pratique les enseignements du Seigneur ?

Écoutons-le donc préciser qu’il s’agit d’offrir un verre d’eau fraîche « à l’un de ces petits en sa qualité de disciple » : et si nous commencions par être indulgents les uns avec les autres ? Au lieu de reprocher au voisin ses faiblesses coupables, sachons l’encourager dans le sens de ses meilleures dispositions et prions pour lui afin qu’il grandisse dans la sainteté que Dieu veut pour ceux qui sont baptisés dans la mort et la résurrection de son Fils.

La bienveillance est une valeur montante aujourd’hui : prenons-la au sérieux ! Quand elle atteint la stature de la miséricorde du Christ donnant sa vie sur la croix pour les méchants, elle ouvre à la vie éternelle. Celui qui la refuse offense le nom de chrétien s’il le porte. Et s’il ne le porte pas, celui qui l’adopte le mérite pourtant, ainsi que ceux de juste et de prophète. Car le Christ reconnaît devant son Père l’homme qui, au lieu de vouer ses contemporains aux flammes de l’enfer, ouvre son cœur à l’Esprit Saint qui est l’Eau vive donnée pour le pardon des péchés.