Dimanche 9 juillet 2017 - 14e Dimanche Année A

J’ai beaucoup travaillé pour arriver aussi bas !

Zacharie 9,9-10 - Psaume 144,1-2.8-11.13-14 - Romains 8,9.11-13 - Matthieu 11,25-30
dimanche 9 juillet 2017.
 

Personne ne dit cela. Avec déjà assez d’humilité certains reconnaissent que ce n’est pas par la seule grâce du talent qu’ils ont atteint les sommets. Quant à ceux qui savent ce que signifie la recherche des profondeurs, leur trop grande humilité, justement, les empêche de se vanter d’y être parvenu.

Il s’agit de « tuer par l’Esprit les agissements de l’homme pécheur », comme nous dit saint Paul aujourd’hui. C’est un travail semblable à celui du jardinier qui arrache les mauvaises herbes patiemment pour laisser la place aux bons produits de l’Esprit. Il travaille pour lui-même, ce doux cultivateur, car rien n’est plus désirable que la paix qui couronne sans cesse les petits succès dans ces efforts. C’est travail et batailles, car l’ennemi ne cesse de faire la guerre à l’âme qui veut se soumettre au Seigneur.

Chaque renoncement consenti par amour est une victoire. Chaque défaite est à remettre humblement au Christ qui pardonne et relève. Ainsi, la vie du disciple ressemble à celle de ces conquérants qui doivent toujours à nouveau se battre et vaincre pour poursuivre leur aventure glorieuse. Mais eux ne cherchent qu’eux-mêmes en cette poursuite haletante, ils ne pourront donc pas trouver grand-chose à la fin, car ils vont vers leur déclin. Tandis que les justes qui cherchent Dieu en renonçant à eux-mêmes, leur récompense sera immense ! Or, elle l’est déjà, puisque rien n’est plus lourd que le fardeau de soi-même, et que l’ascèse pour le Seigneur nous en libère.

Ainsi, le but qui reste à atteindre est pourtant déjà donné aux petits sans compter. C’est la grâce de l’enfance spirituelle que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a vécue jusqu’à devenir docteur de l’Église : quel paradoxe ! Elle a vraiment fait la synthèse de la parole du Seigneur que nous venons d’entendre : aux petits, Dieu donne la connaissance suprême, celle que ni sages ni savants ne peuvent atteindre par l’étude et leur propres forces. Ce qui est travail spirituel et labeur des chercheurs de Dieu est la chance des petits chez qui l’humilité est comme naturelle. Les « pauvres du Seigneur » ont beaucoup travaillé et bataillé pour garder cette place tout en bas où le Christ les attendait ; et sans cesse il les a élevés dans ses bras jusqu’au cœur du Très-Haut, son Père qui est dans les cieux.

Le repos de l’âme, la paix, c’est la fin des combats par la mort du vieil homme en nous. Et ce dépérissement de l’orgueil, surtout, des passions et des désirs dévorants qui font la guerre à l’âme, n’est pas triste : au contraire il procure la joie parfaite dont Sion tressaille en voyant venir à elle son roi juste et victorieux, pauvre en ce monde, mais riche et glorieux des petits qu’il rachète.

Car il a accompli l’œuvre suprême en descendant jusqu’à la croix pour que soient élevés dans sa gloire tous ceux qui auront cru à son amour.