Dimanche 24 septembre 2017 - 25e Dimanche Année A - Fête de la Dédicace

« Au point où j’en suis... » : attention, danger ! ou Double-cliquez pour ouvrir l’icône

Isaïe 55,6-9 - Psaume 144,2-3.8-9.17-18 - 1 Corinthiens 3,9-11.16-17 - Matthieu 20,1-16a
dimanche 24 septembre 2017.
 

« Au point où j’en suis... » : attention, danger ! Si j’exprime ainsi la tentation d’anticiper l’échec au lieu de me battre jusqu’au bout, je ferais mieux de me reprendre.

Heureusement que les ouvriers de la onzième heure ne se sont pas dit : « Au point où nous en sommes, inutile de rester là à attendre un employeur qui ne viendra sûrement plus, et pour le salaire d’une misérable heure de travail ; autant rentrer à la maison, d’ailleurs c’est bientôt l’heure de l’apéritif. » Heureusement aussi que le maître de son côté ne s’est pas dit : « Au point où j’en suis, je ne vais pas me donner la peine de retourner chercher d’hypothétiques chômeurs sans doute peu motivés, et pour une pauvre heure de travail encore ! Occupons-nous plutôt de ceux qui sont là. »

De même, les pasteurs de l’Église ne peuvent se dire : « Depuis des décennies, nous avons tout essayé pour enrayer la crise, sans grand succès. Au point où nous en sommes, occupons-nous des rares brebis qui viennent encore au bercail, et puis que le dernier éteigne la lumière et mette la clef sous la porte. » Pourtant, la tentation est grande en beaucoup d’endroits où il n’y a non seulement plus de prêtres, mais plus de fidèles, tout simplement. Vous le savez bien, frères et sœurs, la situation de notre paroisse n’est pas représentative de ce qui est désormais le cas en France dans beaucoup de régions.

Mais il ne faudrait surtout pas nous faire d’illusions sur nous-mêmes. Comment pourrions-nous prendre notre parti de voir tant de nos frères humains rester au dehors avec leur désir de sens et de Dieu, nourris seulement de spiritualités parfois frelatées, ou encore maintenus à distance de l’Église malgré leur soif profonde du Christ qu’ils n’ont pas oublié ? Au point où nous en sommes, il est temps d’essayer encore, et plus que jamais, de les rejoindre dans leurs aspirations les meilleures. Notre Père qui est aux cieux nous presse de le faire, lui qui veut donner à chaque enfant des hommes le salaire unique et infini qui est l’image de son propre Fils ; et son corps en nourriture de vie éternelle : l’hostie dont la pièce d’argent de la parabole est le symbole.

Pour cela, il faut sortir inlassablement sur les places où se trouvent ceux que personne n’a encore embauchés et chercher l’occasion de provoquer le déclic. Vous êtes près de mille ici, frères et sœurs, deux mille avec ceux des autres messes, trois mille en comptant ceux qui sont ailleurs aujourd’hui. Combien rencontrez-vous chacun, en famille, au travail ou en d’autres circonstances de ces personnes qui cherchent Dieu et que Dieu cherche ? À combien pourriez-vous dire : « Si vous voulez, vous pouvez rencontrer quelqu’un » ?

En somme, le mode d’emploi est : « Double-cliquez pour ouvrir l’icône ». Un premier clic pour allumer l’espoir de trouver un interlocuteur capable d’écouter ce que j’ai à dire et me montrer qu’il l’entend bien au nom de l’Église. Un deuxième dans cette rencontre dont Dieu seul sait où elle peut nous mener. N’ayons pas peur d’espérer aujourd’hui comme Dieu lui-même pour ceux qu’il nous donne de rencontrer en son nom.

Certes, notre efficacité dépendra de notre propre conversion. C’est le sens de l’appel d’Isaïe dans la première lecture : « Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver. » Ne soyons pas des des ouvrier de la première heure enfoncés dans la suffisance et l’indifférence qui s’entendraient dire à la fin : « Mon ami, prends ton dû et va-t’en ! » Que Dieu réveille notre désir d’offrir aux autres la même chance de le connaître.

Au point où nous en sommes, il est temps de croire à la puissance de l’Esprit Saint et au salut de Dieu qui a ressuscité le Christ, comme nous le célébrons dans cette Eucharistie.